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Mécanismes de production du lait Que faire si le bébé ne boit pas assez ? Situations particulières
Bien démarrer à l’hôpital Pensez à vous Allaiter et travailler
Retour à la maison 10 conseils pour faciliter l’allaitement Expression et conservation du lait
Comment savoir si le bébé a bien bu ? Difficultés d’allaitement et solutions Le sevrage

 

Allaiter, un art qui s’apprend

Si allaiter paraît compliqué, c’est que notre monde moderne vit encore à l’ère de la « culture biberon » et a oublié un savoir-faire jadis universel. Quoi de plus naturel que de donner le sein à l’enfant qui vient de naître?

Quand les jeunes mères qui allaitent aujourd’hui verront leurs petites-filles allaiter à leur tour, nous aurons retrouvé le savoir-faire oublié. La plupart des conseils prodigués ici ne seront plus nécessaires parce que transmis de mère en filles et intégrés à la culture dominante; nous aurons retrouvé une « culture d’allaitement ». Déjà, la majorité des mamans donnent le sein à leur bébé à la naissance.

Faites-vous confiance. Vous êtes parfaitement capable d’allaiter votre bébé! Plus qu’une affaire de technique, c’est une relation physique et émotive qui se construit entre votre bébé et vous.

Au début, il est normal que vous ayez besoin d’aide. Pour que l’allaitement démarre correctement, les premiers jours sont très importants. Heureusement, les pratiques des hôpitaux se sont modifiées pour vous offrir un meilleur soutien.

Lait maternel : aliment par excellence

Le lait maternel constitue le meilleur aliment pour votre enfant. Aucun autre lait n’est équivalent. Vous pouvez décider d’allaiter pour quelques heures, quelques jours, plusieurs mois ou plus d’une année : cette décision vous appartient. Quoi qu’il en soit, donnez-vous la chance de vivre une expérience unique!

Partout dans le monde, les professionnels de la santé recommandent que les nourrissons soient allaités pendant au moins un an. À leur avis, les bébés devraient être nourris exclusivement au sein pendant les 6 premiers mois, et par la suite aussi longtemps que la mère et l’enfant le désirent.

Le lait maternel est un aliment vivant et frais qui passe de la mère à l’enfant sans intermédiaire. C’est le produit par excellence : naturel, adapté aux besoins du bébé, réconfortant pour lui, gratifiant pour sa mère. Il stimule le développement de l’enfant, aide à la maturation de son système digestif et immunitaire, le protège contre plusieurs infections, maladies et allergies.

- Un aliment adapté à l’enfant

Le lait maternel a la propriété de s’adapter aux besoins de l’enfant.

Le lait des premiers jours, le colostrum, est épais et sucré. Très riche en protéines, vitamines et minéraux, il nourrit parfaitement l’enfant. Il lui fournit en quantité des anticorps qui l’aideront à se défendre contre les infections et il nettoie son intestin des résidus accumulés avant la naissance.
Le lait qui arrive ensuite avec la monté laiteuse devient plus fluide, d’un blanc bleuté ou jaunâtre, presque transparent. Son contenu varie durant la tétée et au cours de la journée. En début de tétée, il contient plus d’eau, ce qui étanche la soif. Après quelques minutes, il devient plus riche en protéines et en gras pour répondre à la faim de l’enfant. Sa composition change aussi légèrement au cours des semaines et des mois pour s’adapter aux besoins du petit.

- Certifié bio

Le lait maternel est très nourrissant. Il est facile à digérer, très bien absorbé et laisse peu de résidus. En effet, il se compose de protéines hautement digestibles et non allergènes; de sucres et de fer aisément assimilables; d’enzymes qui facilitent la digestion des matières grasses.

Sécrété pour répondre aux besoins de chaque enfant, il fournit à votre petit le bon cholestérol dont il a besoin et la dose exacte de vitamines et de minéraux nécessaires à son développement, tout en respectant la maturité de ces reins.

De plus, ce lait contient une quantité élevée d’acides gras essentiels (les acides linoléique et linolénique) qui avec le principal sucre, le lactose, contribuent au développement du cerveau.

D’autres acides gras sont déposés dans le cerveau au cours des premiers mois, favorisant notamment le développement de la vision.

Le lait maternel plaît à l’enfant. Son goût varie légèrement selon l’alimentation de la mère, ce qui habitue le petit à diverses saveurs.

Il est si complet que durant les 6 premiers mois, la grande majorité des bébés allaités n’ont besoin d’aucun autre aliment. Par la suite, il demeure le meilleur choix, complété par des aliments solides.

Il est si complet que durant les 6 premiers mois, la grande majorité des bébés allaités n’ont besoin d’aucun autre aliment. Par la suite, il demeure le meilleur choix, complété par des aliments solides.

Le lait maternel procure aussi à l’enfant diverses substances qui le protègent contre les infections. Plus la durée de l’allaitement est longue, plus la protection est grande. Elle sera de beaucoup supérieure si le petit est exclusivement nourri au sein pendant les 6 premiers mois.

En comparaison des autres enfants, les bébés allaités font moins de gastro-entérites, de diarrhées, de maladies des voies respiratoires (laryngites, bronchites, etc.), de rhumes, d’otites et de méningites. Lorsqu’elles surviennent, ces maladies sont moins graves et nécessitent moins souvent l’hospitalisation. Ils sont également mieux protégés contre plusieurs affections chroniques, comme la maladie de Crohn, la colite ulcéreuse, le diabète et la leucémie. Ceux qui n’ont bu que du lait maternel jusqu’à l’âge de 6 mois souffrent moins souvent d’anémie et résistent mieux aux allergies.


De leur côté, les mères qui allaitent voient aussi diminuer les risques pour leur santé. Elles sont moins susceptibles de souffrir d’ostéoporose et de développer un cancer du sein ou de l’ovaire.

- Propice au développement

L’allaitement au sein intensifie les liens entre la mère et son enfant. Le contact peau à peau apporte chaleur et sécurité au petit. Dès l’accouchement, blotti contre le sein de sa mère, la première tétée le réconforte et contribue à stabiliser sa température corporelle. L’allaitement favorise le développement intellectuel de l’enfant : plus la durée augmente, au moins jusqu’à 6 ou 9 mois, plus l’impact paraît important.


- Économique et écologique

Le lait maternel est disponible en tout temps et gratuit Rien à acheter, pas de biberons à laver, à préparer, à conserver et à tiédir. Le lait est toujours prêt, la nuit comme le jour, en pique-nique, en visite, en voyage. Il est écologique, car il ne laisse aucun déchet: boîtes vides, cartons, plastiques, papiers, métaux, résidus ou fumée polluante issue de la production ou du transport.

Mécanismes de production du lait

Lorsqu’elle est stimulée régulièrement, nuit et jour, la glande mammaire produit du lait en quantité suffisante pour le bébé.


Au moment de l’accouchement, un changement hormonal se produit : la prolactine augmente, ce qui a pour effet d’accroître la production du colostrum puis du lait. La succion du bébé entraîne la sécrétion d’une hormone, l’ocytocine, qui déclenche l’écoulement du lait; cette hormone aide aussi l’utérus à se contracter.

Au début, le réflexe d’éjection peut entraîner une soif intense et des contractions de l’utérus. Chez certaines mères, il s’accompagne d’une sensation non douloureuse de picotement dans le sein. Le lait peut couler spontanément lorsque la mère parle de son bébé, qu’elle entend ses pleurs ou que le moment de la tétée approche. Il arrive aussi que Ce réflexe d’éjection se produise plusieurs fois pendant une même tétée ou avec tant de force que le bébé doive laisser le sein afin de reprendre son souffle.

C’est la succion du bébé qui entretient la production du lait. Lorsqu’il prend bien le sein, le lait est sécrété en abondance. Plus il tète, plus il y en a : la lactation s’ajuste à son appétit. C’est pourquoi l’allaitement doit se faire selon les besoins de l’enfant, sans limiter le nombre ni la durée des tétées.

Bien démarrer à l’hôpital

- Première tétées

Dans l’heure qui suit la naissance, le bébé cherche instinctivement le sein de sa mère, il explore et découvre son réflexe de succion. Donnez-lui le sein le plus tôt possible, idéalement au cours des 60 premières minutes. S’il ne boit pas tout de suite, gardez-le contre vous jusqu’à ce qu’il ait envie de téter. Il vous sentira, apprendra à vous reconnaître, et cela le stimulera.

L’intervalle entre la première et la deuxième tétée varie selon les bébés et selon ce qu’ils ont bu. Si votre petit tarde à réagir, faites couler quelques gouttes de colostrum dans sa bouche. Il refuse toujours de boire ? N’insistez pas.
Vous lui offrirez le sein un peu plus tard, quand il donnera des signes de faim. Pour stimuler la glande mammaire, exprimez un peu de lait de vos seins. Gardez votre petit peau à peau contre vous. Quand il sera prêt, vous le saurez. Ne vous inquiétez pas : certains bébés sont plus lents que les autres (voir Tétée difficile, page 181).

- Mise au sein

Le secret d’un allaitement réussi, c’est une mise au sein correcte. Un bébé qui ne prend pas bien le sein peine en vain, comme s’il tentait de boire à travers une paille trop fine : le contenant a beau être plein, impossible de le vider. Cela peut également blesser les mamelons de la mère. La situation risque de se compliquer rapidement, puisque le bébé qui n’a pas assez de lait restera au sein très longtemps et la douleur augmentera.

Au début, il n’est pas rare qu’une maman éprouve de la difficulté à mettre son bébé au sein, mais avec la pratique cela devient facile.

• Prenez le temps de bien vous installer. Un fauteuil confortable, de la musique, des coussins ou des oreillers, un verre de jus ou de lait vous aideront à vous détendre. Faites de la tétée un moment agréable.
• N’attendez pas que votre enfant pleure avant de le nourrir, il sera plus patient.
• Choisissez une position d’allaitement qui vous convient, Il en existe plusieurs (madone, madone inversée, football, couchée), mais certains principes de base s’appliquent à toutes. Quelle que soit la position choisie, le bébé doit être suffisamment tourné vers vous, sa poitrine, son ventre et ses cuisses alignés. Il ne doit pas avoir à tourner la tête pour prendre le sein.
• Consultez l’infirmière du CLSC, une consultante en allaitement ou un groupe d’entraide pour vous familiariser avec différentes positions.

- Position de la madone inversée

L’une des positions les plus fréquemment utilisées par les mères qui allaitent est celle de la « madone inversée ». Cette position offre 2 avantages : elle permet à la mère de bien soutenir la tête du bébé et de bien voir comment il prend le sein.

Selon cette méthode, le bébé repose sur le bras du côté opposé au sein qui le nourrit. À supposer que vous allaitiez du sein gauche, vous soutiendrez votre enfant de votre bras droit. La paume de votre main droite posée sous sa nuque (et non derrière sa tête), vos doigts (excepté le pouce) supportent sa tête tandis que votre avant-bras soutient son dos et ses fesses. De la sorte, vous maintenez ses fesses entre votre thorax et votre avant-bras.

De la main gauche, vous tenez votre sein gauche. Le pouce se trouve placé sur le côté extérieur du sein et les autres doigts sur le côté intérieur, loin du mamelon et de l’aréole, de façon à former un U.

En déplaçant le bras droit, approchez l’enfant de manière à ce que sa tête soit juste un peu inclinée vers l’arrière. Son menton doit toucher votre sein en premier et son nez, arriver vis-à-vis du mamelon. Automatiquement, le mamelon pointe vers le palais — et non vers le fond de la bouche de votre enfant.

Attendez que le bébé ouvre la bouche comme pour bâiller. Attendez qu’il soit prêt avant de lui donner le sein.

- Pour une succion efficace

Quelle que soit la position que vous choisirez, que vous soyez assise ou allongée, veillez à ce que votre enfant prenne correctement le sein.

• Faites en sorte qu’il ouvre très grand la bouche. Pour l’aider, vous pouvez effleurer sa lèvre supérieure avec votre mamelon toujours pointé vers son palais. Cette douce stimulation l’incitera à chercher le sein. Au début, il y mettra peut-être un peu de temps. Mais avec la pratique, il apprendra et tout deviendra facile.
• Assurez-vous ensuite que l’enfant ne prend pas uniquement le mamelon, mais le plus d’aréole possible. Ses lèvres doivent couvrir une grande partie de la zone brune du sein.

Les premiers mouvements de succion sont légers et rapides. Quand le lait se met à couler, les mouvements deviennent plus lents et réguliers, la mâchoire et l’oreille du bébé bougent, il avale avec un petit bruit doux.

Si votre enfant respire bruyamment, ne pressez pas sur votre sein avec votre doigt pour dégager son nez. Serrez plutôt ses fesses contre vous, cela devrait suffire à le dégager. Soyez sans crainte : il ne risque pas de s’étouffer. S’il a du mal à respirer, il lâchera le sein.

La douleur n’est pas normale. Dès que vos mamelons deviennent douloureux, corrigez la position de l’enfant Vous pouvez d’abord utiliser votre index pour abaisser son menton et retrousser sa lèvre inférieure, Il se peut cependant que vous ayez à reprendre les étapes de la mise au sein. Vous vous posez des questions ? Faites appel à une personne formée en allaitement.

- Comment briser la succion

Si vous devez retirer l’enfant du sein, introduisez délicatement votre doigt entre ses gencives, par le coin de sa bouche. La succion brisée, le mamelon se dégagera facilement.

- Indices d’une bonne mise au sein

• Le bébé a la bouche grande ouverte pour prendre le sein.
• Le mamelon pointe vers le palais.
• Le menton du petit touche le sein.
• Sa bouche couvre une grande partie de l’aréole.
• Ses lèvres sont retroussées vers l’extérieur.
• Sa langue est sous le mamelon.
• On l’entend avaler.


- Avant de quitter l’hôpital

Normalement, une infirmière ou une autre personne compétente en allaitement doit vous accompagner pendant les premières tétées pour s’assurer que la prise du sein est bonne, que la succion du bébé est efficace et qu’il obtient du lait. L’efficacité de la prise du sein et de la succion importe plus que le nombre et la durée des tétées par 24 heures. Un bébé qui tète correctement ne restera pas au sein pendant des heures.

Faites-vous aider pour évaluer la succion du bébé. Assurez-vous d’être capable de reconnaître les signes indiquant que votre bébé tète bien et qu’il reçoit vraiment du lait de vos seins.

Avant votre départ de l’hôpital, demandez qu’on vous enseigne la technique d’expression manuelle du lait.

Faites-vous confiance. Votre nouveau-né vous appartient, ses parents en sont les premiers responsables. Vous avez votre mot à dire sur les soins qu’on lui apporte. L’équipe soignante a pour rôle de vous accompagner dans cette expérience épanouissante pour toute la famille.

Retour à la maison

- Montée laiteuse

La montée laiteuse se produit entre le 3e et le 5e jour après la naissance. Elle dure entre 12 et
48 heures. Les seins augmentent de volume, deviennent tendus, gonflés et sensibles : c’est l’arrivée du lait.

Que faire ?

Les tétées précoces (dès la naissance), régulières (de jour et de nuit, à l’hôpital comme à la maison) et fréquentes (à toutes les 90 ou 120 minutes) vous aideront à réduire l’inconfort de ce moment. Pour faciliter l’écoulement du lait, appliquez des compresses chaudes sur vos seins 1 à 2 minutes avant la tétée et faites couler un peu de lait Il pourra aussi être utile d’en enlever après le boire si l’enfant n’a pas vidé suffisamment les seins.

Vos seins font très mal ? Des applications de froid vous aideront à diminuer l’enflure et la douleur. Utilisez un sac de glace concassée, un sac de légumes congelés ou un contenant réfrigérant enveloppé dans une serviette. Appliquez environ 15 minutes. Comme le froid diminue l’écoulement du lait, vous apposerez des compresses chaudes 2 minutes avant la tétée.

L’acétaminophène (ex. : Atasol, Tylenol) pris 20 à 30 minutes avant le boire est efficace et sans danger pour l’enfant. Reposez-vous. La production de lait s’ajustera éventuellement aux besoins de votre petit.


- Horaire des boires

Après 2 ou 3 jours, le nouveau-né est moins somnolent et il manifeste plus clairement ses besoins.

Apprenez à reconnaître les signes de faim. C’est la fréquence des tétées qui lui permet d’ingérer une quantité suffisante de lait. Habituellement, il boit de 8 à 12 fois par 24 heures. Ce cycle comporte un intervalle de sommeil plus long que les autres, qui n’arrive pas forcément la nuit.

Plusieurs bébés font des « tétées groupées » : fréquentes à certaines périodes de la journée, elles deviennent plus espacées à d’autres moments. Ce phénomène est normal.

Ne vous attendez pas à ce que votre petit fasse ses nuits en arrivant à la maison. L’âge auquel un enfant dort 6 heures consécutives dépend de son rythme biologique et de son environnement. Il varie beaucoup d’un enfant à l’autre mais ne survient généralement pas avant quelques mois.

- Durée de la tétée

La tétée « normale » n’existe pas. Certains bébés boivent peu à la fois et souvent; d’autres, beaucoup et moins souvent. Cela dépend de la succion du petit, de son appétit, de son tempérament, ainsi que du débit de la glande mammaire. L’important est qu’il tète activement.

L’allaitement d’un nouveau-né (tétée, rot et changement de couche) peut prendre de 45 à
90 minutes. Généralement, les tétées durent de 5 à 30 minutes à chaque sein, mais elles tendent à raccourcir au fur et à mesure que l’enfant grandit.

Laissez votre bébé téter jusqu’à ce qu’il s’arrête de lui-même ou qu’il commence à s’endormir. Ne regardez pas votre montre, mais votre petit. Minuter les boires ne protège pas contre les blessures aux mamelons et cela peut priver l’enfant d’une partie du lait dont il a besoin.


- Un sein ou deux ?

Laissez votre bébé téter à satiété au premier sein, faites-lui faire un rot, puis offrez-lui à nouveau le même sein s’il est encore plein, ou l’autre sein qu’il prendra au gré de son appétit. Parfois il ne prendra qu’un sein, parfois les deux. Respectez son rythme. Vous commencerez la prochaine tétée par le sein offert en dernier, qu’il y ait bu ou non.


- Truc

Vous craignez d’oublier par quel sein vous avez terminé le boire ? Marquez votre soutien-gorge d’une épingle de sûreté ou d’un ruban de ce côté.


- Signes de faim

Le bébé montre bien longtemps avant de pleurer qu’il a envie de boire. Sa respiration change, il fait des mouvements des yeux, de la bouche ou du visage. Ensuite il remue bras et jambes, s’étire, porte les mains à la bouche ou au visage. Puis viennent les mouvements de succion.

Voilà autant d’indices vous informant que votre bébé a faim. N’attendez pas qu’il pleure avant de le nourrir. Il se fatiguerait et pourrait refuser de téter même s’il est affamé.


- Bébé paresseux ou agité ?

Pendant les 3 à 6 premières semaines, les bébés ont tendance à s’endormir au sein dès que le lait coule plus lentement, même s’ils n’ont pas eu assez de lait. Passé cette période, ils pourront s’agiter si le flot de lait est peu abondant. Il arrive aussi que des nourrissons de quelques jours à peine s’énervent quand ils n’obtiennent pas assez de lait.

Si votre bébé s’endort, il faut le stimuler un peu : chatouillez-le, gardez-le contre vous, parlez-lui ou... chantez Vous l’encouragerez à boire en recourant à la technique de la compression du sein.


- Technique de la compression du sein

Cette technique est utile dans les cas où le bébé :

• s’endort rapidement au sein;
• ne prend pas assez de poids;
• veut téter très souvent ou longtemps.

Elle est particulièrement indiquée dans les premiers jours de vie pour aider le bébé à boire le colostrum.

Utilisez de préférence la position de la madone inversée (voir Position de la madone inversée). La main formant un U à la base du sein, le pouce d’un côté, les autres doigts de l’autre, comprimez le sein ; assurez-vous de maintenir les doigts loin de l’aréole, sans les déplacer. Le geste ne doit pas être douloureux ni avoir pour effet d’étirer l’aréole.

La compression augmentant le débit du lait, le bébé recommence à téter efficacement. Maintenez la pression tant qu’il continue d’avaler du lait. Dès qu’il arrête de boire, relâchez-la. Puis recommencez jusqu’à ce que le bébé n’avale plus. Si votre bébé semble le souhaiter, donnez-lui l’autre sein de la même manière. Vous pouvez passer d’un sein à l’autre à plusieurs reprises pendant la tétée.

Lorsque votre enfant boira mieux, vous pourrez abandonner cette technique. Elle est inutile quand tout se passe bien.


- Volume des seins

L’apparence et la texture des seins dépendent en grande partie de votre hérédité. Ils se modifient, comme le reste du corps, tout au long de la vie. Allaiter ne les déforme pas. Ils grossissent puis diminuent, mais reprennent leur forme petit à petit après le sevrage.

Pendant les 6 premières semaines d’allaitement, les seins sont en général plus gros. Vers le 2e mois, ils deviennent plus souples au toucher et ils diminuent de volume. Ne vous inquiétez pas vous sécrétez néanmoins plus de lait qu’auparavant, la glande mammaire s’est adaptée.


- Soins des seins

Au moment de la douche ou du bain quotidien, nettoyez vos seins à l’eau claire. N’utilisez pas de savon. Les crèmes, onguents et autres produits sont déconseillés. Vous pouvez laisser quelques gouttes de lait sur les mamelons après la tétée.

Il est inutile de laver vos mains avant chaque tétée ; cela peut même les irriter. Par contre, savonnez vous les mains : c’est la meilleure prévention contre les infections.

Évitez l’humidité. Si vous utilisez des compresses d’allaitement, choisissez-les en coton ou en papier sans doublure de plastique et changez les souvent. Laissez vs seins à l’air libre le plus souvent possible en abaissant les rabats de votre soutien-gorge. N’hésitez pas à dormir les seins nus la nuit si vous êtes à l’aise de le faire.

Vous êtes libre de porter un soutien-gorge ou non, selon votre confort. Choisissez un modèle pour nourrice, en coton, sans cerceaux, dont les bonnets sont suffisamment amples pour ne pas comprimer les seins.


- Allaiter en public

On voit de plus en plus de mamans allaiter en public. Trouvez un endroit calme et confortable. Il est essentiel de vous sentir à l’aise. Allaitez avec assurance et simplicité, vous serez acceptée. Un grand gilet souple facilite les choses. Certains endroits publics ont prévu des locaux destinés à l’allaitement et aux soins des bébés. Renseignez-vous.


- Garder bébé à proximité

Pour faciliter l’allaitement, gardez votre bébé près de vous, jour et nuit. L’expérience démontre que te nouveau-né peut partager le lit de ses parents sans danger à condition qu’il soit sécuritaire (voir Lit et literie).Tous trois apprennent à dormir au même rythme et le sommeil de la mère s’en trouve même amélioré. Quand bébé commence à se réveiller pour une tétée, sa mère s’éveille également en douceur. Elle découvre ainsi les signes indiquant que son petit a faim. La présence constante du bébé permet aussi à papa de prendre une part active aux soins. Les parents développent ainsi leurs habiletés et leurs compétences tout en créant un sentiment de confiance chez leur bébé.


- Sucette et biberon

Méfiez-vous de la sucette. Après l’avoir prise, certains bébés peuvent éprouver des difficultés à téter, voire rejeter le sein. Elle peut diminuer la fréquence des tétées et entraîner une baisse de la quantité de lait. Pour consoler le bébé, une bonne tétée vaut bien mieux. La chaleur du contact peau à peau avec papa est aussi apaisante.

Prenez garde au biberon. Évitez de donner autre chose à boire que votre lait à votre nouveau-né : les suppléments d’eau, d’eau sucrée ou de préparation lactée pour nourrissons sont rarement nécessaires chez un enfant à terme et en santé qui prend bien le sein. S’ils s’avéraient essentiels au cours des premiers jours, ils devraient être donnés à l’aide d’un gobelet ou du tube au sein plutôt qu’au biberon.


- Un cas difficile

Entre la 4e et la 6e semaine survient fréquemment un cap difficile, surtout pour celles qui sont mères pour la première fois. Cette période correspond à une « poussée de croissance » chez le bébé qui demande alors le sein très souvent; il ira jusqu’à le réclamer à toutes les heures, ce qui devient épuisant. Après 24 ou 48 heures, la situation devrait se rétablir, la production de lait s’étant ajustée aux besoins de l’enfant.

Vous doutez de vos capacités ? Vous pensez à sevrer ? Ne restez pas isolée. Parlez-en à votre conjoint, à une amie, à une personne qui s’y connaît. Sortez un peu, rencontrez vos amis, l’humour et le rire sont utiles ! Contactez un groupe d’entraide en allaitement ou un groupe d’aide aux relevailles.

Comment savoir si le bébé a bien bu ?

Plusieurs indices vous permettront de savoir si votre enfant boit suffisamment de lait :

• après la première semaine de vie, ses urines sont claires et ne sentent rien, Il mouille au moins 5 à 6 couches par jour. Ses selles sont liquides ou très molles et fréquentes : au moins 4 à 6 par jour au cours du premier mois, au moins une par jour ensuite;
• son poids augmente suffisamment et régulièrement (voir Croissance du bébé);
• il dort bien et s’éveille seul;
• il donne des signes de faim : il salive, mange son poing, mâchouille.

Que faire si le bébé ne boit pas assez ?

• Assurez-vous que votre bébé tète bien. Vérifiez ou faites vérifier la mise au sein.
• Allaitez plus souvent. Réveillez l’enfant au besoin.
• Utilisez la technique de la compression du sein.
• À chaque tétée, faites boire l’enfant aux deux seins en passant d’un à l’autre à plusieurs reprises, au besoin.
• Vous pouvez exprimer du lait entre les tétées pour augmenter la production. Offrez ce lait au bébé après la tétée suivante, de préférence au gobelet ou avec le tube au sein. Evitez le biberon.
• Evitez la téterelle : elle diminue la production de lait.

Voyez si des facteurs extérieurs (la prise d’anovulants, par exemple) ne nuisent pas à la lactation. Consultez un groupe d’entraide en allaitement, une consultante en allaitement ou l’infirmière.

Reposez-vous. Mangez suffisamment aux repas.

Faites-vous confiance !

Pensez à vous

Allaiter un enfant, c’est aussi prendre le rythme de cette vie nouvelle. Sachez profiter régulièrement des joies toutes simples de cette période de votre vie. Ralentissez ! Laissez de côté les tâches non essentielles et attendez pour donner la réception de naissance...
Sachez demander de l’aide et accepter celle qu’on vous offre.

Pensez à vous. Accordez-vous des moments de repos et de paix pour récupérer le sommeil inévitablement entrecoupé. Détendez-vous. Sortez au soleil et au grand air, avec ou sans bébé. Vous pouvez le faire garder. Riez et pleurez... si le coeur vous en dit. Qu’elles allaitent ou non, certaines mères sont sujettes aux montées de larmes après l’accouchement. Pourquoi ne pas leur laisser libre cours si cela vous fait du bien.

Attention

• Une bonne prise du sein est cruciale pour le succès de l’allaitement

 

10 conseils pour faciliter l’allaitement

1. Donnez le sein à votre enfant le plus tôt possible après la naissance, idéalement dans les 60 premières minutes.
2. Gardez votre bébé près de vous, jour et nuit. Il peut partager votre lit si vous le souhaitez.
3. Soyez convaincue que votre lait convient parfaitement à votre nouveau-né : il est nourrissant, riche et le fera engraisser. C’est un magnifique cadeau santé !
4. Allaitez votre enfant au besoin, selon sa faim. Des tétées fréquentes stimulent la production de lait.
5. Apprenez à reconnaître les signes de faim de votre enfant.
6. Assurez-vous que votre bébé prend bien le sein, que la succion est efficace et qu’il obtient le lait dont il a besoin.
7. Pour ne pas nuire à la lactation, évitez de sauter des tétées, d’offrir une sucette à votre petit ou de lui donner un autre lait avant 4 semaines.
8. Autant que possible, attendez que votre bébé ait 6 mois avant de lui donner un autre lait ou des aliments solides ; il profitera mieux de tous les bienfaits du lait maternel.
9. Coupez court aux soucis. Dès qu’une inquiétude ou un malaise surgit, communiquez avec l’infirmière du CLSC, un groupe d’entraide en allaitement de votre région ou une clinique d’allaitement.
10. Faites vous confiance.

Difficultés d’allaitement et solutions

Difficultés d’allaitement et solutions

Une fois les premières semaines passées, la plupart des femmes n’éprouvent aucune difficulté. II arrive toutefois que des problèmes surviennent.


- Tétée difficile

Certains bébés récupèrent moins vite du travail de la naissance et ont moins de facilité à prendre le sein. Si c’est le cas de votre enfant, essayez régulièrement de le nourrir. Prenez-le souvent dans vos bras, peau à peau, pour stimuler son intérêt pour le sein et pour le rassurer. Demandez de l’aide pour exprimer votre colostrum et donnez-le lui avec un compte-gouttes, un gobelet ou un petit tube au sein. Évitez le biberon.

Si vos seins sont gonflés, votre bébé peut éprouver de la difficulté à téter (voir Engorgement). Ne le maintenez pas de force au sein, il pourrait développer une aversion pour ce dernier.

Si votre bébé a pris un biberon ou une sucette, il se peut que vous ayez besoin d’aide au cours des premiers jours et lors de la montée laiteuse : la succion au sein diffère de la succion au biberon.


Que faire ?

Il est important de maintenir une bonne hydratation chez le bébé. S’il a de la difficulté à téter et mouille peu de couches, demandez de l’aide immédiatement. Cherchez la cause du problème, vous trouverez la solution. Restez calme et confiante.


- Refus du sein

Un nourrisson plus âgé peut refuser le sein sans raison apparente. Il est calme, engraisse bien, n’est pas malade, mais ne veut plus téter. C’est la « grève de la tétée».


Que faire ?

Ne le maintenez pas de force au sein. Soyez patiente, cette situation ne devrait pas durer longtemps. Souvent, l’enfant va prendre le sein si vous le lui offrez pendant son sommeil. Si nécessaire, consultez une personne compétente en allaitement.

- Bébé endormi

Bébé dort beaucoup et boit moins de 8 fois par jour. Si son poids évolue bien, il n’y a rien à craindre. Par contre, s’il n’engraisse que lentement, il faut le stimuler.
Flattez-le et tapotez-le délicatement. Gardez-le en contact peau à peau avec vous et offrez-lui fréquemment le sein (au moins 8 à 12 fois par 24 heures). Réveillez-le au besoin. Surveillez les signes de sommeil léger (mouvements de succion, mouvement des yeux sous les paupières, etc.), il sera plus facile de le réveiller à ce moment-là. Utilisez la technique de la compression du sein (voir Technique de la compression du sein). Surveillez les indices de satisfaction (voir Comment savoir si bébé a bien bu ?).

Consultez rapidement votre médecin si votre bébé perd du poids.


- Peu de lait

Les pleurs fréquents, les tétées longues ou rapprochées, un gain de poids lent peuvent faire penser à la mère qu’elle manque de lait. Ce n’est pas nécessairement le cas. Votre bébé pleure ? Sachez que les nourrissons pleurent pour bien des raisons qui n’ont souvent rien à voir avec le manque de lait (voir Tempérament, page 72).

Votre bébé tète plus souvent que vous ne vous y attendiez ? C’est signe qu’il prend du lait. Souvenez-vous que le lait maternel se digère rapidement. Pendant ses périodes de croissance rapide, l’enfant doit boire plus souvent pour stimuler la lactation (voir Fringales).


Que faire ?

Si votre bébé tète très longtemps, vérifiez la mise au sein. Peut-être qu’avec une meilleure succion, il obtiendra plus de lait en moins de temps. Mais si après une période de succion active il n’avale qu’à tous les 4 ou 5 mouvements de succion et commence à s’endormir, il n’a plus vraiment faim.

Ne vous laissez pas influencer par les commentaires de tout un chacun. Avant de croire que vous n’avez « pas assez de lait » ou que votre lait « est trop pauvre», prenez le temps d’examiner la situation.


- Trop de lait

Pendant les premières semaines, il peut arriver que le lait coule spontanément entre les tétées ou la nuit. C’est normal et ce n’est pas avoir « trop de lait». Au fil des jours, cette situation se corrige d’elle-même. Pour votre confort, la nuit, protégez votre lit d’une serviette.

Votre bébé engraisse très bien, mouille bien ses couches, mais s’étouffe souvent pendant la tétée, surtout au début. Il peut aussi laisser le sein en pleurant alors que le lait lui coule au visage. Vous avez probablement un débit de lait très fort.


Que faire ?

Diminuez la pression en exprimant un peu de lait avant la tétée. Faites une pause lorsque votre bébé commence à s’étouffer. Profitez-en pour lui faire faire un rot. Essayez de ne lui donner qu’un sein par tétée, ce qui vous aidera à régulariser le flot de lait Vous pouvez aussi varier les positions. Consultez au besoin un groupe d’entraide en allaitement, une consultante en allaitement ou l’infirmière du CLSC.


- Mamelons plats

La plupart des bébés s’en accommodent bien. Lorsque la mise au sein est adéquate, ils prennent l’aréole, pas seulement le mamelon. Il peut arriver, cependant, que votre petit s’impatiente.

Que faire ?

Si votre bébé s’énerve, retirez-le quelques minutes du sein, le temps de le calmer.

Pour prévenir la situation, mettez-le au sein avant qu’il ne soit trop affamé. Au besoin, donnez-lui d’abord un peu de votre lait à la cuillère ou au gobelet pour le calmer. Évitez les biberons et les sucettes. Au besoin, consultez une personne compétente en allaitement


- Mamelons douloureux

Allaiter est agréable et ne doit pas faire mal. Une sensibilité aux mamelons est toutefois fréquente la première semaine, surtout au début de la tétée. Bébé et maman sont en période d’apprentissage. Après cette période, l’allaitement ne doit pas vous faire sourciller .Toute douleur qui persiste après la première minute de tétée ou qui fait craindre les tétées doit être investiguée. La principale cause en est probablement une mise au sein incorrecte. Cette situation peut provoquer des gerçures et crevasses au mamelon. Chez l’enfant, elle entraîne un faible gain de poids, des tétées très fréquentes et des pleurs.


Que faire ?

Demandez de l’aide immédiatement à une personne compétente en allaitement. Il est plus facile de corriger le problème lorsqu’il est pris au tout début.

- Gerçures et crevasses

Le mamelon et l’aréole présentent des rougeurs, puis des fissures et des crevasses plus profondes qui, sans être dangereuses pour le bébé, deviennent rapidement très pénibles pour la mère. Particulièrement intense en début de tétée la douleur peut se prolonger tout au long de la période d’allaitement Il y a de fortes chances que la mise au sein soit en cause.

Que faire ?

Les douleurs ou gerçures qui persistent sont une cause importante de sevrage prématuré. Quoiqu’on vous dise, la douleur n’est pas normale. N’acceptez pas de souffrir en silence. Vérifiez ou faites vérifier la mise au sein et la succion du bébé. Dès que la principale cause de blessure sera corrigée, la douleur diminuera rapidement. Commencez la tétée par le sein le moins sensible. Variez les positions d’allaitement : si nécessaire, consultez l’infirmière, un groupe d’entraide ou une consultante en allaitement pour vous familiariser avec d’autres positions. Mettez quelques gouttes de lait maternel sur le mamelon à la fin de la tétée. Gardez les mamelons au sec et, au besoin, les seins nus. Une mince couche de lanoline purifiée (ex. : Lansinoh ou Purelan), appliquée 2 fois par jour sur les mamelons, peut vous soulager momentanément, mais ne corrige pas la cause du mal. Un analgésique tel l’acétaminophène (ex. : Atasol, Tylenol) peut également vous aider. Évitez la téterelle qui pourrait aggraver le problème.


- Infection à champignon (muguet)

Une infection à champignons (muguet) peut être soupçonnée lorsqu’une douleur soudaine et inexpliquée survient pendant la tétée, alors que tout allait bien auparavant. La douleur peut toutefois survenir de façon graduelle, et non pas subite, ou se superposer à un mal déjà existant. Elle peut être limitée au mamelon et à l’aréole, mais elle peut aussi être ressentie comme une brûlure à l’intérieur du sein. Elle a tendance à augmenter au cours de la tétée et à persister après, alors qu’en d’autres cas (voir Gerçures et crevasses), elle diminue graduellement. L’aréole et le mamelon sont souvent rouges et sensibles, mais ils peuvent être d’apparence normale. Les crevasses constituent un terrain propice à une infection à champignons qui est fréquemment associée au muguet chez l’enfant.

Vous pouvez toutefois souffrir d’une infection à champignons même si votre bébé n’a pas de
muguet dans la bouche. La prise d’antibiotiques par la mère favorise l’infection.


Que faire ?

II faut traiter la mère et le bébé. Disponible sans ordonnance, le violet de gentiane constitue le remède de choix : 15 ml (I c. à table) d’une solution aqueuse à 1 % suffisent pour tout le traitement. Il s’applique 1 fois par jour, associé à un onguent de nystatine (ex. : Nilstat Nyaderme) ou de miconazole (ex. : Micatin, Monistat Derm). Le violet traite la mère et l’enfant en même temps.

Technique d’application :

• badigeonnez la bouche du bébé avec un coton-tige trempé dans le violet;
• mettez le bébé aux 2 seins pour les colorer;
• ajoutez du violet sur les mamelons s’ils ne sont pas complètement colorés.

Quant à l’onguent, il se met en couche mince sur les mamelons après chacune des autres tétées. Il n’est pas nécessaire de l’enlever avant la tétée suivante.

Après 4 jours, cessez le traitement au violet de gentiane si la douleur a disparu ou si aucune amélioration ne se fait sentir et continuez les applications d’onguent pendant quelques jours. Dans le cas d’une amélioration incomplète, poursuivez le violet pendant 3 autres jours. Pas plus. Au bout de 7 jours, quels que soient les résultats, il faut arrêter. Consultez le médecin un traitement par la bouche peut alors être utile

Attention, ça tache ! Traitez de préférence au coucher... Vous pouvez donner à l’enfant le lait exprimé pendant cette période, mais ne le congelez pas : vous risqueriez de causer une nouvelle infection. Consultez une personne compétente en allaitement.

Attention

• Vérifiez la mise au sein (voir Mise au sein).
• Lavez à l’eau chaude les compresses réutilisables, jetez les autres (voir aussi : Muguet dans la bouche).

 

Les mamelons et aréoles peuvent présenter de l’eczéma ou des dermatites de contact. La peau est rosée ou franchement rouge et chauffe.


Que faire ?

Si vous mettez déjà un produit (crème, lotion, lanoline ou autre) sur vos seins, cessez les applications. Par contre, un onguent médicamenteux vendu sous ordonnance peut être nécessaire. Consultez votre médecin rapidement.


- Engorgement (canal lactifère obstrué)

Quand un canal est obstrué, le lait de ce canal ne parvient plus à s’écouler par le mamelon. En palpant le sein après la tétée, vous découvrez une petite bosse dure, douloureuse au toucher, parfois accompagnée d’une rougeur. L’obstruction peut être due à diverses causes : le sein est resté plein trop longtemps; il a été comprimé par le soutien-gorge ou le porte-bébé; il réagit à la fatigue. Le malaise est localisé au sein (généralement un seul), la mère ne se sent pas malade, mais si le lait reste bloqué trop longtemps, une infection peut se déclarer.


Que faire ?

Evitez tout ce qui peut comprimer le sein. Appliquez de la chaleur humide sur tout le sein (bain, douche ou compresses), tout en massant la région atteinte vers le mamelon.

Faites téter bébé fréquemment (8 à 12 fois par jour) en commençant par le sein atteint et en variant les positions afin de faciliter l’écoulement du lait. Si possible, faites en sorte que le bébé ait le menton orienté vers la bosse quand il tète. Massez doucement la région atteinte pendant la tétée. Prendre un bain chaud avant la tétée vous aidera.

Evitez de porter un soutien-gorge trop serré. Reposez-vous. Gardez le bébé dans votre lit si désiré. L’acétaminophène (ex. : Atasol, Tylenol) peut calmer la douleur au besoin.

Si la bosse persiste après 24 heures de traitement, consultez une personne qui s’y connaît en allaitement.


- Ampoule de lait

Une petite ampoule se forme sur le mamelon. Elle provoque souvent une intense douleur dans tout le sein, surtout en fin de tétée.


Que faire ?

En pressant doucement, vous pouvez tenter de faire sortir le contenu de l’ampoule, qui a souvent la consistance de la pâte dentifrice. Prenez un long bain chaud pendant lequel vous vous masserez le sein. Si vous mettez votre bébé au sein en sortant du bain, il réussira peut-être à débloquer le mamelon.


- Mastite

La mastite est une infection bactérienne du sein souvent causée par la rétention du lait. Elle est douloureuse, mais elle n’est dangereuse ni pour la mère ni pour le bébé. Le fait d’allaiter permet une guérison plus rapide, car le sein se vide rapidement. Le lait reste bon.

La cause de la mastite n’est pas connue avec précision. On sait cependant qu’un mauvais drainage des seins ou la présence de crevasses lui sont propices. En tout temps, assurez-vous que votre bébé prend bien le sein et évitez de rester engorgée (voir Engorgement). De plus, on remarque que la mastite survient souvent pendant une période de surmenage. La mère aura donc avantage à éliminer certains travaux pour se reposer plus souvent avec son bébé.

Le sein présente une zone durcie, rouge, enflée et douloureuse. La mère est courbaturée, frissonnante et très fatiguée. Elle fait habituellement, mais, pas toujours, de la fièvre : plus de 38,3 oC (101 °F). Elle se sent malade.


Que faire ?

Il faut décomprimer le sein engorgé. Reposez-vous au lit sans soutien-gorge. Appliquez des compresses chaudes. Au besoin, gardez le bébé dans votre lit. Faites-le boire très souvent au sein douloureux, y compris la nuit. Si la tétée est très inconfortable, allaitez d’abord de l’autre sein. changez de côté dès que le sein endolori coule spontanément. Variez la position du bébé pendant la tétée. Si le bébé n’a pas bu du côté atteint, extrayez le lait. Le sein doit devenir souple. Prenez de l’acétaminophène (ex. : Atasol, Tylenol) pour calmer la douleur et la fièvre. Mangez bien et buvez à votre soif. Prenez contact avec un groupe d’entraide ou un professionnel de la santé qui s’y connaît en allaitement.

Si les symptômes ont commencé à diminuer dans les 12 heures, le traitement antibiotique ne sera probablement pas nécessaire. Au-delà de cette période, il pourrait s’imposer. Avec ou sans antibiotique, la situation doit s’améliorer de façon constante : une aggravation subite ou l’arrêt de l’amélioration pendant plus de 24 heures exige que vous consultiez le médecin.

Il vous faudra entre 2 et 5 jours pour vous libérer de la mastite. La fièvre disparaît généralement dans les 24 heures, la douleur en moins de 48 heures et la zone durcie en quelques jours. La rougeur pourra persister pendant une semaine, voire davantage.

Attention

• Si la fièvre persiste depuis 24 heures ou augmente rapidement, consultez le médecin. Si vous devez prendre des antibiotiques, prenez-les pendant toute la période prescrite, habituellement 10 jours, pour éviter les rechutes. Il existe des antibiotiques efficaces qui ne posent aucun risque pendant l’allaitement. Parlez-en au médecin. Surtout, continuez d’allaiter et de vous reposer.

 


- Abcès

Dans quelques rares cas, une mastite peut dégénérer en abcès. Malgré le traitement, une bosse douloureuse persiste.


Que faire ?

Consultez le médecin. Une consultante en allaitement ou une personne d’un groupe d’entraide vous aidera à trouver des solutions pratiques pour continuer à allaiter.

Situations particulières

Césarienne

Votre bébé est né par césarienne ? Rien ne vous empêche de le nourrir au sein. Si vous avez reçu une anesthésie générale, vous pouvez allaiter dès que vous êtes totalement réveillée et vous sentez confortable. Si vous avez reçu une épidurale (anesthésie par injection dans le bas du dos), vous pouvez allaiter aussitôt que possible, idéalement dans l’heure qui suit la naissance, alors que vous êtes encore sous l’effet de l’anesthésie épidurale. Plusieurs hôpitaux favorisent une première tétée dans la salle d’opération ou dans la salle de réveil.

La présence de votre conjoint ou d’une personne significative vous permettra de garder votre bébé dans votre chambre. Le personnel sera disponible pour vous aider à mettre le bébé au sein.

Rapidement, vous serez en mesure de lui donner des soins vous-même.

- Bébé prématuré

Même si votre bébé est né avant la 37e semaine de grossesse, vous pouvez l’allaiter. Votre lait est d’ailleurs celui qui lui convient le mieux parce que sa composition est ajustée à ses besoins. Vous êtes la seule à pouvoir lui offrir cet aliment précieux !

Selon le nombre de semaines qu’il a passé dans l’utérus, il vous faudra peut-être un peu plus de patience et de persévérance. Pendant son séjour à l’hôpital, vous devrez maintenir la production de votre lait en l’extrayant avec un tire-lait électrique aux 3 ou 4 heures le jour et, si possible, la nuit. Penser à lui stimulera le réflexe d’éjection (voir Pour exprimer le lait maternel). Lorsque vous allez le visiter au service de néonatalogie et que son état le permet, prenez-le souvent et longtemps dans vos bras, peau à peau contre vous, Il s’habituera à vous et aura plus de facilité à accepter le sein le moment venu. Il a été démontré que ce contact profite à la fois à l’enfant et à ses parents. Il est aussi précieux que la nourriture que votre tout-petit reçoit.

Au début, les infirmières lui donneront votre lait à l’aide d’un tube très fin. Dès qu’il pourra téter, vous pourrez le mettre au sein. Il aura peut-être besoin de suppléments alimentaires durant son hospitalisation mais à son arrivée à la maison, votre lait suffira parfaitement à le nourrir.

Soyez patiente les prématurés ont besoin de temps pour apprendre à boire au sein. Consulter un groupe d’entraide, une consultante en allaitement ou une clinique d’allaitement est souvent très utile.


- Jumeaux

Vous pouvez allaiter des jumeaux. Plus la glande mammaire sera stimulée, plus il y aura de lait. Mais s’occuper de deux nourrissons à la fois est exigeant... Délaissez les tâches non essentielles et demandez l’aide de vos proches pour vous décharger des travaux domestiques (lessive, cuisine, épicerie, etc.) et vous reposer.

Il est préférable de nourrir les deux bébés au seul lait maternel. Vous pouvez cependant pratiquer un allaitement mixte, alternant entre lait maternel et préparation lactée pour nourrissons.

Un groupe d’entraide peut vous mettre en contact avec une mère qui a vécu la même expérience.


- Chirurgie mammaire

L’augmentation mammaire ne pose généralement pas de problème.

La réduction entraîne plus de dommages au sein. Dans ce cas, l’allaitement reste possible, mais plusieurs mamans auront besoin de le compléter avec une préparation lactée pour nourrissons.

Pour mettre toutes les chances de votre côté, consultez un groupe d’entraide pour bien vous préparer, même avant la naissance de l’enfant.


- Restauration de la lactation

Vous n’avez pas allaité votre bébé à la naissance ? Par malheur, votre bébé est allergique aux préparations lactées pour nourrissons et vous aimeriez le nourrir au sein. Est-ce possible ?

Il n’est pas trop tard. Avec de la détermination et de l’aide, vous arriverez à restaurer la lactation après le sevrage et ce, même si vous ne l’avez jamais allaité. Consultez une personne spécialisée en allaitement


- Alcool et tabac

Lorsque la mère prend de l’alcool, une partie de celui-ci se retrouve dans le lait maternel. Il est donc préférable de limiter sa consommation. L’alcool pris de façon régulière est à éviter. Par contre, le vin et la bière pris à l’occasion et en petite quantité ne semblent pas causer d’ennuis au bébé.

Comme durant votre grossesse, le tabac est nocif pour vous et votre bébé (voir Gare à la fumée de tabac). II peut nuire à la production lactée et il risque d’entraîner des pleurs, de l’irritabilité et de l’insomnie chez l’enfant. Cependant les bénéfices du lait maternel sont suffisamment importants pour que vous allaitiez malgré tout.
Si vous ne pouvez vous empêcher de griller une cigarette, faites-le à l’extérieur de la maison, loin de votre bébé. Essayez de ne pas fumer juste avant la tétée. Les timbres pour cesser le tabac sont compatibles avec l’allaitement.


- Marijuana et autres drogues

Est-ce qu’un joint occasionnel de marijuana est dommageable pour l’enfant allaité ? Bien que ses effets à long terme sur le bébé restent inconnus, on sait que la marijuana passe dans le lait. Aussi la consommation — même occasionnelle — n’est pas recommandée. La consommation régulière est évidemment à proscrire.

Quant aux autres drogues (amphétamine, cocaïne, héroïne, LSD, PCP), elles sont sans contredit dangereuses pour votre bébé. Elles sont donc incompatibles avec l’allaitement et avec votre rôle de parents.


- Médicaments

La plupart des médicaments se retrouvent dans le lait, mais en très faible quantité. Les mères à qui le médecin conseille de cesser d’allaiter pour prendre un médicament doivent lui demander de s’assurer que sa recommandation se fonde sur des sources fiables, ou de leur prescrire un autre médicament compatible avec l’allaitement. Il est généralement facile de trouver un autre médicament pour le traitement des maladies les plus courantes. Il est très rarement nécessaire d’interrompre l’allaitement pour la durée du traitement.

Ne prenez aucun médicament ni produit naturel (ils sont parfois très actifs) sans avoir consulté un professionnel de la santé (voir page 314). Limitez-vous aux médicaments vraiment nécessaires.

Allaiter et travailler

Plusieurs mères continuent d’allaiter quand elles retournent au travail. Il existe de plus en plus de garderies en milieu de travail où il est possible de nourrir son bébé sur place. Si ce n’est pas votre cas, vous pouvez aussi exprimer votre lait, le réfrigérer ou le congeler; en votre absence, quelqu’un d’autre le donnera à votre enfant. Vous continuerez ainsi à offrir à votre enfant la meilleure alimentation pour son développement et sa santé.

Par ailleurs, vous pouvez opter pour un allaitement mixte : lait maternel quand vous êtes à la maison et préparations lactées quand vous êtes au travail. Votre production s’adaptera à ce type d’allaitement qui peut se poursuivre jusqu’à la fin de la première année et même au-delà. Plusieurs femmes nourrissent leur enfant exclusivement au sein les fins de semaine, alors qu’elles sont en congé, et reprennent l’allaitement mixte les jours de travail. Les seins s’adaptent à ces changements.

Si votre bébé est âgé de 6 mois, il n’a pas nécessairement besoin du biberon. Comme tout autre bébé de cet âge, il commence à manger des aliments solides à la cuillère et il apprend à boire au gobelet, ce qui peut suffire à calmer sa faim. Il pourrait cependant demander à téter plus souvent le soir ou même la nuit.


- Conditions de travail dangereuses

Au travail, vous pouvez bénéficier d’un changement de tâche ou d’un retrait préventif si vous êtes exposée à certains contaminants (solvants, encres, teintures, etc.) qui peuvent être nocifs pendant que vous allaitez Renseignez-vous auprès de votre médecin.

Expression et conservation du lait

L’expression du lait maternelle est souvent utile. Grâce à elle, la mère peut soulager un sein engorgé. De son côté, le bébé a la chance de boire le lait de sa mère même en son absence. En cas de séparation prolongée, lorsque le bébé naît prématurément ou doit être hospitalisé, elle permet le maintien de la lactation.


- Pour exprimer le lait maternel

Il y a plusieurs façons d’exprimer le lait maternel. Avec l’expérience, vous trouverez celle qui vous convient le mieux. Manipulez toujours vos seins avec douceur.

Le moment idéal est tout de suite après la tétée puisque le mécanisme d’éjection est déjà amorcé. Dans le cas où l’enfant n’a bu qu’un sein, vous aurez à ce moment-là plus de facilité à vider l’autre sein. Mais, selon votre convenance, vous pouvez aussi choisir un autre moment, alors que vous n’êtes pas trop pressée. Prenez soin de vous accorder un peu de détente et de repos avant de commencer.

Au début, les séances devront être courtes : de 5 à 10 minutes par sein. Vous les allongerez au fur et à mesure que la quantité de lait augmentera. Il est normal de ne tirer que quelques gouttes au début de l’expression manuelle. Soyez patiente.


- Expression manuelle

• Lavez-vous les mains avec minutie afin d’éviter toute contamination.
• Disposez un récipient large, profond, bien lavé et rincé sur une surface propre, près de vous.
• Assoyez-vous confortablement en vous penchant vers l’avant pour que votre sein tombe au dessus du bol.
• Pour faciliter la descente du lait (réflexe d’éjection), vous pouvez masser délicatement votre sein — mouvements circulaires ou caresses superficielles de la base au mamelon et frotter doucement le mamelon avec la paume de la main.
• Placez le pouce et l’index à la limite de l’aréole. Le mouvement s’exécute en 2 temps, sans faire glisser ou déplacer les doigts sur la peau :

1. pressez le sein en poussant vers les côtes;

2. rapprochez le pouce et l’index, en fermant comme s’il s’agissait d’une pince.

Il n’est pas nécessaire d’exercer une forte pression. Le mouvement ne doit pas laisser de marque sur le sein ni faire mal. Un peu de pratique sera nécessaire pour bien positionner vos doigts.

• Répétez ce geste plusieurs fois. Il reproduit la succion du bébé lorsqu’il comprime le sein avec sa langue. Le lait coule goutte à goutte au début, puis en jet avec le temps.
• Faites le tour du sein en déplaçant les doigts pour vider tous les réservoirs du lait.


Avant votre départ de l’hôpital, une infirmière devrait vous avoir enseigné la technique d’expression manuelle du lait. Si vous avez besoin d’aide, consultez un groupe d’entraide en allaitement.

Ne vous inquiétez pas : la technique s’acquiert facilement. Il est plus facile de l’exécuter que de la décrire.

- Tire-lait électrique

Il existe des tire-lait électriques. Ils sont efficaces et très pratiques lorsque la mère doit exprimer son lait pour une longue période. Vous pouvez les louer. N’hésitez pas à vous adresser à un groupe d’entraide en allaitement.


- Truc

Pour stimuler le réflexe d’éjection du lait, pensez à votre bébé ou regardez une de ses photos.


- Conservation du lait maternel

Le lait maternel est à son meilleur frais, bu au sein. Cependant, il se réfrigère et se congèle bien.
Vous pouvez le garder à la température de la pièce lorsqu’il est destiné à une consommation imminente, dans les 4 à 8 heures qui suivent l’expression. Vous le conserverez au réfrigérateur— plutôt qu’au congélateur — dans les cas où il doit être bu au cours des prochains jours. Pour un délai excédant 5 jours, congelez-le sans attendre.

  TEMPÉRATURE DE LA PIÈCE RÉFRIGÉRATEUR CONGÉLATEUR
Lait maternel frais 4 heures à 25 oC (77oF)
8 heures à 19-22 oC (66.2-71.6oF)
1 heure
3 à 5 jours à 4 oC (39.2oF) 3 à 4 mois (congélateur du réfrigérateur)
6 mois
(congélateur coffre)
Lait maternel décongelé   24 heures Ne pas recongeler

Attention

• Les durées de conservation ne sont pas cumulatives : on ne doit pas garder du lait 8 heures à la température de la pièce, le réfrigérer pendant 5 jours pour finalement le congeler !
• Ces durées ne s’appliquent pas au lait destiné à un bébé prématuré qui se trouve encore à l’hôpital. Fiez-vous aux recommandations du personnel.
• Une hygiène rigoureuse s’impose : lavage des mains et propreté des contenants.

 


Le lait humain prend différentes teintes de blanc (bleu, jaune, brun) au gré de l’alimentation de la mère, c’est naturel. Comme il n’est pas homogénéisé, le gras se sépare du reste. Il suffit de l’agiter un peu avant usage.

- Choix des contenants

Vous pouvez conserver le lait dans des biberons de verre, de plastique rigide, et même dans des sacs à biberon épais vendus spécialement pour le lait maternel. Trop minces, les sacs ordinaires conviennent moins à la congélation ; il faut les doubler, car ils sont fragiles.

Il est pratique d’avoir plusieurs petites portions de lait maternel en réserve. Evitez les contenants trop grands.

Si vous conservez votre lait pour un bébé hospitalisé, prématuré ou malade, suivez les recommandations du personnel hospitalier.


- Congélation

Prenez soin de rassembler tous les contenants de lait congelé dans un récipient pourvu d’un bon couvercle. À noter : la congélation prolongée diminue légèrement la valeur nutritive du lait maternel.

• Versez le lait dans le contenant de votre choix en laissant un bon espace libre : en congelant le liquide prendra de l’expansion.
• Inscrivez la date sur le contenant bien fermé.
• Mettez-le à refroidir au réfrigérateur.
• Sitôt refroidi, rangez-le au congélateur dans le plat de conservation destiné à la réserve de lait maternel.
• Utilisez le lait le plus vieux en premier.


- Comment tiédir le lait maternel

Le lait maternel ne doit pas être mis au four à micro-ondes, car il y perd une grande partie des anticorps qui protègent le bébé contre plusieurs maladies des systèmes digestif et respiratoire.

Il sort du réfrigérateur ? Laissez couler l’eau chaude du robinet sur le sac ou trempez-le dans
l’eau chaude jusqu’à ce qu’il soit tiède. Mélangez, vérifiez, donnez au bébé.

Il sort du congélateur ? Laissez couler l’eau froide courante sur le contenant congelé; petit à petit, ajoutez l’eau chaude courante jusqu’à ce qu’il soit tiède. Ou encore, mettez-le au réfrigérateur pendant 10 à 12 heures ; vous le tiédirez ensuite à l’eau chaude. Mélangez, vérifiez, donnez au bébé.

Le sevrage

Comme pour toute étape du développement, l’âge du sevrage varie d’un enfant à l’autre. Il survient tôt chez l’un, tardivement chez l’autre. Qu’il ait été amorcé par la mère ou l’enfant, il variera en fonction de divers facteurs : l’âge du petit et son tempérament, de même que les sentiments de la mère et l’approche utilisée.

Donnez-vous le temps qu’il faut. Restez à l’écoute de votre enfant et demeurez flexible. Retardez si possible le sevrage d’un enfant malade. Il a besoin du lait de sa mère et du contact réconfortant que procure l’allaitement.

À 9 mois, votre enfant pourra boire du lait homogénéisé à 3,25% M.G. à la place du lait maternel. Avant cet âge, il vaut mieux lui donner des préparations lactées pour nourrissons qui contiennent du fer.


- Sevrage graduel

Un sevrage graduel étalé sur plus de 3 semaines est recommandé. Pour la mère d’abord, afin d’éviter l’engorgement, puis pour le bébé qui aura le temps de s’habituer au goût des tétines et du nouveau lait.

Commencez par remplacer une tétée (celle de l’après-midi, par exemple) par le nouveau lait que vous donnerez au biberon, au gobelet ou au verre. Entre les boires, vous pouvez soulager vos seins en extrayant un peu de lait ou en le laissant tout simplement dégoutter sous une douche chaude.

Après 2 ou 3 jours, lorsque vous ne ressentez plus de malaises aux seins, remplacez une autre tétée par le nouveau lait et ainsi de suite. Toutefois, ne sautez pas 2 tétées consécutives. Plusieurs mères conservent longtemps la tétée du soir et celle du matin. En souplesse, ajustez-vous au rythme de votre enfant.

- Sevrage brusque

Le sevrage brusque n’est pas recommandé, car il peut être pénible pour la mère et le bébé. Si vous devez vous séparer momentanément de votre enfant, vous n’êtes pas forcée de le sevrer. Il est possible de maintenir la production de lait pendant la séparation pour reprendre l’allaitement au retour. Consultez un groupe d’entraide qui vous guidera.

Si vous devez malgré tout sevrer brusquement

• extrayez un peu de lait de vos seins pour en diminuer le gonflement; vous aurez besoin d’en prélever de moins en moins souvent;
• palpez vos seins et surveillez-les pour prévenir tout problème : engorgement, canal obstrué, mastite; ces difficultés peuvent surgir dans semaines qui suivent.


- Passage au biberon ou au gobelet

Boire au biberon, au gobelet ou à la tasse est une expérience nouvelle pour votre bébé. S’il proteste, ne vous laissez pas impressionner par son refus. Restez calmes et confiants, il s’habituera.

Il peut arriver que l’enfant n’accepte le biberon qu’après I à 2 semaines d’essais. Confier le boire à une autre personne que la mère, papa par exemple, pourrait faciliter la transition.
Soyez persévérants, boire au biberon est un nouvel apprentissage pour votre bébé.

Dès 6 mois, l’enfant peut commencer à boire au gobelet. Il n’y prendra d’abord qu’une petite quantité de lait, c’est normal, que vous compléterez au biberon. Assurez-vous que votre enfant boit assez de lait, qui reste l’aliment de base pendant toute sa première année de vie : il lui fournit le calcium et les protéines nécessaires à sa croissance.


- Pour faciliter la transition

• Adoptez la politique du ne pas refuser, ne pas offrir. Sans refuser le sein à votre enfant, vous pouvez décider de ne plus le lui offrir.
• Retardez les tétées s’il n’est pas trop impatient. Cela contribuera à les espacer et à en diminuer le nombre.
• Raccourcissez la durée des tétées.
• Changez vos habitudes quotidiennes. Par exemple, n’allez pas vous asseoir dans le fauteuil d’allaitement que l’enfant associe d’emblée à la tétée.
• Mettez le père à contribution. Éloignez-vous discrètement aux heures de repas de l’enfant.
• Si votre enfant a plus de 9 mois, offrez-lui une collation avant l’heure habituelle de la tétée.
• Amorcez le changement quand votre enfant est en forme et pas trop affamé.
• Donnez-lui d’abord du lait maternel dans le biberon ou le gobelet, ensuite du nouveau lait.
• Ne présentez pas le biberon ou le gobelet de la même manière que le sein. Placez l’enfant en face de vous et donnez-lui son boire en parlant et en souriant.
• Dites-vous qu’il est toujours possible de changer d’idée pendant le sevrage et de revenir à l’allaitement au sein. Consultez un groupe d’entraide.