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maternel
Allaiter, un art qui s’apprend
Si allaiter paraît compliqué, c’est que notre
monde moderne vit encore à l’ère de la «
culture biberon » et a oublié un savoir-faire jadis
universel. Quoi de plus naturel que de donner le sein à
l’enfant qui vient de naître?
Quand les jeunes mères qui allaitent aujourd’hui
verront leurs petites-filles allaiter à leur tour, nous
aurons retrouvé le savoir-faire oublié. La plupart
des conseils prodigués ici ne seront plus nécessaires
parce que transmis de mère en filles et intégrés
à la culture dominante; nous aurons retrouvé une
« culture d’allaitement ». Déjà,
la majorité des mamans donnent le sein à leur bébé
à la naissance.
Faites-vous confiance. Vous êtes parfaitement capable
d’allaiter votre bébé! Plus qu’une
affaire de technique, c’est une relation physique et émotive
qui se construit entre votre bébé et vous.
Au début, il est normal que vous ayez besoin d’aide.
Pour que l’allaitement démarre correctement, les
premiers jours sont très importants. Heureusement, les
pratiques des hôpitaux se sont modifiées pour vous
offrir un meilleur soutien.
Lait maternel : aliment par excellence
Le lait maternel constitue le meilleur aliment pour votre
enfant. Aucun autre lait n’est équivalent.
Vous pouvez décider d’allaiter pour quelques heures,
quelques jours, plusieurs mois ou plus d’une année
: cette décision vous appartient. Quoi qu’il en soit,
donnez-vous la chance de vivre une expérience unique!
Partout dans le monde, les professionnels de la santé
recommandent que les nourrissons soient allaités pendant
au moins un an. À leur avis, les bébés devraient
être nourris exclusivement au sein pendant les 6
premiers mois, et par la suite aussi longtemps que la
mère et l’enfant le désirent.
Le lait maternel est un aliment vivant et frais qui passe de
la mère à l’enfant sans intermédiaire.
C’est le produit par excellence : naturel, adapté
aux besoins du bébé, réconfortant pour lui,
gratifiant pour sa mère. Il stimule le développement
de l’enfant, aide à la maturation de son système
digestif et immunitaire, le protège contre plusieurs infections,
maladies et allergies.
- Un aliment adapté à l’enfant
Le lait maternel a la propriété de s’adapter
aux besoins de l’enfant.
Le lait des premiers jours, le colostrum, est épais et
sucré. Très riche en protéines, vitamines
et minéraux, il nourrit parfaitement l’enfant. Il
lui fournit en quantité des anticorps qui l’aideront
à se défendre contre les infections et il nettoie
son intestin des résidus accumulés avant la naissance.
Le lait qui arrive ensuite avec la monté laiteuse devient
plus fluide, d’un blanc bleuté ou jaunâtre,
presque transparent. Son contenu varie durant la tétée
et au cours de la journée. En début de tétée,
il contient plus d’eau, ce qui étanche la soif. Après
quelques minutes, il devient plus riche en protéines et
en gras pour répondre à la faim de l’enfant.
Sa composition change aussi légèrement au cours
des semaines et des mois pour s’adapter aux besoins du petit.
- Certifié bio
Le lait maternel est très nourrissant. Il est facile à
digérer, très bien absorbé et laisse peu
de résidus. En effet, il se compose de protéines
hautement digestibles et non allergènes; de sucres et de
fer aisément assimilables; d’enzymes qui facilitent
la digestion des matières grasses.
Sécrété pour répondre aux besoins
de chaque enfant, il fournit à votre petit le bon cholestérol
dont il a besoin et la dose exacte de vitamines et de minéraux
nécessaires à son développement, tout en
respectant la maturité de ces reins.
De plus, ce lait contient une quantité élevée
d’acides gras essentiels (les acides linoléique et
linolénique) qui avec le principal sucre, le lactose, contribuent
au développement du cerveau.
D’autres acides gras sont déposés dans le
cerveau au cours des premiers mois, favorisant notamment le développement
de la vision.
Le lait maternel plaît à l’enfant. Son goût
varie légèrement selon l’alimentation de la
mère, ce qui habitue le petit à diverses saveurs.
Il est si complet que durant les 6 premiers mois, la grande majorité
des bébés allaités n’ont besoin d’aucun
autre aliment. Par la suite, il demeure le meilleur choix, complété
par des aliments solides.
Il est si complet que durant les 6 premiers mois, la grande majorité
des bébés allaités n’ont besoin d’aucun
autre aliment. Par la suite, il demeure le meilleur choix, complété
par des aliments solides.
Le lait maternel procure aussi à l’enfant diverses
substances qui le protègent contre les infections. Plus
la durée de l’allaitement est longue, plus la protection
est grande. Elle sera de beaucoup supérieure si le petit
est exclusivement nourri au sein pendant les 6 premiers mois.
En comparaison des autres enfants, les bébés allaités
font moins de gastro-entérites, de diarrhées, de
maladies des voies respiratoires (laryngites, bronchites, etc.),
de rhumes, d’otites et de méningites. Lorsqu’elles
surviennent, ces maladies sont moins graves et nécessitent
moins souvent l’hospitalisation. Ils sont également
mieux protégés contre plusieurs affections chroniques,
comme la maladie de Crohn, la colite ulcéreuse, le diabète
et la leucémie. Ceux qui n’ont bu que du lait maternel
jusqu’à l’âge de 6 mois souffrent moins
souvent d’anémie et résistent mieux aux allergies.
De leur côté, les mères qui allaitent voient
aussi diminuer les risques pour leur santé. Elles sont
moins susceptibles de souffrir d’ostéoporose et de
développer un cancer du sein ou de l’ovaire.
- Propice au développement
L’allaitement au sein intensifie les liens entre la mère
et son enfant. Le contact peau à peau apporte chaleur et
sécurité au petit. Dès l’accouchement,
blotti contre le sein de sa mère, la première tétée
le réconforte et contribue à stabiliser sa température
corporelle. L’allaitement favorise le développement
intellectuel de l’enfant : plus la durée augmente,
au moins jusqu’à 6 ou 9 mois, plus l’impact
paraît important.
- Économique et écologique
Le lait maternel est disponible en tout temps et gratuit Rien
à acheter, pas de biberons à laver, à préparer,
à conserver et à tiédir. Le lait est toujours
prêt, la nuit comme le jour, en pique-nique, en visite,
en voyage. Il est écologique, car il ne laisse aucun déchet:
boîtes vides, cartons, plastiques, papiers, métaux,
résidus ou fumée polluante issue de la production
ou du transport.
Mécanismes de production du lait
Lorsqu’elle est stimulée régulièrement,
nuit et jour, la glande mammaire produit du lait en quantité
suffisante pour le bébé.
Au moment de l’accouchement, un changement hormonal se produit
: la prolactine augmente, ce qui a pour effet d’accroître
la production du colostrum puis du lait. La succion du bébé
entraîne la sécrétion d’une hormone,
l’ocytocine, qui déclenche l’écoulement
du lait; cette hormone aide aussi l’utérus à
se contracter.
Au début, le réflexe d’éjection peut
entraîner une soif intense et des contractions de l’utérus.
Chez certaines mères, il s’accompagne d’une
sensation non douloureuse de picotement dans le sein. Le lait
peut couler spontanément lorsque la mère parle de
son bébé, qu’elle entend ses pleurs ou que
le moment de la tétée approche. Il arrive aussi
que Ce réflexe d’éjection se produise plusieurs
fois pendant une même tétée ou avec tant de
force que le bébé doive laisser le sein afin de
reprendre son souffle.
C’est la succion du bébé qui entretient la
production du lait. Lorsqu’il prend bien le sein, le lait
est sécrété en abondance. Plus il tète,
plus il y en a : la lactation s’ajuste à son appétit.
C’est pourquoi l’allaitement doit se faire selon les
besoins de l’enfant, sans limiter le nombre ni la durée
des tétées.
Bien démarrer à l’hôpital
- Première tétées
Dans l’heure qui suit la naissance, le bébé
cherche instinctivement le sein de sa mère, il explore
et découvre son réflexe de succion. Donnez-lui le
sein le plus tôt possible, idéalement au cours des
60 premières minutes. S’il ne boit pas tout de suite,
gardez-le contre vous jusqu’à ce qu’il ait
envie de téter. Il vous sentira, apprendra à vous
reconnaître, et cela le stimulera.
L’intervalle entre la première et la deuxième
tétée varie selon les bébés et selon
ce qu’ils ont bu. Si votre petit tarde à réagir,
faites couler quelques gouttes de colostrum dans sa bouche. Il
refuse toujours de boire ? N’insistez pas.
Vous lui offrirez le sein un peu plus tard, quand il donnera des
signes de faim. Pour stimuler la glande mammaire, exprimez un
peu de lait de vos seins. Gardez votre petit peau à peau
contre vous. Quand il sera prêt, vous le saurez. Ne vous
inquiétez pas : certains bébés sont plus
lents que les autres (voir Tétée difficile, page
181).
- Mise au sein
Le secret d’un allaitement réussi, c’est une
mise au sein correcte. Un bébé qui ne prend pas
bien le sein peine en vain, comme s’il tentait de boire
à travers une paille trop fine : le contenant a beau être
plein, impossible de le vider. Cela peut également blesser
les mamelons de la mère. La situation risque de se compliquer
rapidement, puisque le bébé qui n’a pas assez
de lait restera au sein très longtemps et la douleur augmentera.
Au début, il n’est pas rare qu’une maman éprouve
de la difficulté à mettre son bébé
au sein, mais avec la pratique cela devient facile.
• Prenez le temps de bien vous installer. Un fauteuil confortable,
de la musique, des coussins ou des oreillers, un verre de jus
ou de lait vous aideront à vous détendre. Faites
de la tétée un moment agréable.
• N’attendez pas que votre enfant pleure avant de
le nourrir, il sera plus patient.
• Choisissez une position d’allaitement qui vous convient,
Il en existe plusieurs (madone, madone inversée, football,
couchée), mais certains principes de base s’appliquent
à toutes. Quelle que soit la position choisie, le bébé
doit être suffisamment tourné vers vous, sa poitrine,
son ventre et ses cuisses alignés. Il ne doit pas avoir
à tourner la tête pour prendre le sein.
• Consultez l’infirmière du CLSC, une consultante
en allaitement ou un groupe d’entraide pour vous familiariser
avec différentes positions.
- Position de la madone inversée
L’une des positions les plus fréquemment utilisées
par les mères qui allaitent est celle de la « madone
inversée ». Cette position offre 2 avantages : elle
permet à la mère de bien soutenir la tête
du bébé et de bien voir comment il prend le sein.
Selon cette méthode, le bébé repose sur
le bras du côté opposé au sein qui le nourrit.
À supposer que vous allaitiez du sein gauche, vous soutiendrez
votre enfant de votre bras droit. La paume de votre main droite
posée sous sa nuque (et non derrière sa tête),
vos doigts (excepté le pouce) supportent sa tête
tandis que votre avant-bras soutient son dos et ses fesses. De
la sorte, vous maintenez ses fesses entre votre thorax et votre
avant-bras.
De la main gauche, vous tenez votre sein gauche. Le pouce se
trouve placé sur le côté extérieur
du sein et les autres doigts sur le côté intérieur,
loin du mamelon et de l’aréole, de façon à
former un U.
En déplaçant le bras droit, approchez l’enfant
de manière à ce que sa tête soit juste un
peu inclinée vers l’arrière. Son menton doit
toucher votre sein en premier et son nez, arriver vis-à-vis
du mamelon. Automatiquement, le mamelon pointe vers le palais
— et non vers le fond de la bouche de votre enfant.
Attendez que le bébé ouvre la bouche comme
pour bâiller. Attendez qu’il soit prêt avant
de lui donner le sein.
- Pour une succion efficace
Quelle que soit la position que vous choisirez, que vous soyez
assise ou allongée, veillez à ce que votre enfant
prenne correctement le sein.
• Faites en sorte qu’il ouvre très grand la
bouche. Pour l’aider, vous pouvez effleurer sa lèvre
supérieure avec votre mamelon toujours pointé vers
son palais. Cette douce stimulation l’incitera à
chercher le sein. Au début, il y mettra peut-être
un peu de temps. Mais avec la pratique, il apprendra et tout deviendra
facile.
• Assurez-vous ensuite que l’enfant ne prend pas uniquement
le mamelon, mais le plus d’aréole possible. Ses lèvres
doivent couvrir une grande partie de la zone brune du sein.
Les premiers mouvements de succion sont légers et rapides.
Quand le lait se met à couler, les mouvements deviennent
plus lents et réguliers, la mâchoire et l’oreille
du bébé bougent, il avale avec un petit bruit doux.
Si votre enfant respire bruyamment, ne pressez pas sur votre
sein avec votre doigt pour dégager son nez. Serrez plutôt
ses fesses contre vous, cela devrait suffire à le dégager.
Soyez sans crainte : il ne risque pas de s’étouffer.
S’il a du mal à respirer, il lâchera le sein.
La douleur n’est pas normale. Dès
que vos mamelons deviennent douloureux, corrigez la position de
l’enfant Vous pouvez d’abord utiliser votre index
pour abaisser son menton et retrousser sa lèvre inférieure,
Il se peut cependant que vous ayez à reprendre les étapes
de la mise au sein. Vous vous posez des questions ? Faites appel
à une personne formée en allaitement.
- Comment briser la succion
Si vous devez retirer l’enfant du sein, introduisez délicatement
votre doigt entre ses gencives, par le coin de sa bouche. La succion
brisée, le mamelon se dégagera facilement.
- Indices d’une bonne mise au sein
• Le bébé a la bouche grande ouverte pour
prendre le sein.
• Le mamelon pointe vers le palais.
• Le menton du petit touche le sein.
• Sa bouche couvre une grande partie de l’aréole.
• Ses lèvres sont retroussées vers l’extérieur.
• Sa langue est sous le mamelon.
• On l’entend avaler.
- Avant de quitter l’hôpital
Normalement, une infirmière ou une autre personne compétente
en allaitement doit vous accompagner pendant les premières
tétées pour s’assurer que la prise du sein
est bonne, que la succion du bébé est efficace et
qu’il obtient du lait. L’efficacité de la prise
du sein et de la succion importe plus que le nombre et la durée
des tétées par 24 heures. Un bébé
qui tète correctement ne restera pas au sein pendant des
heures.
Faites-vous aider pour évaluer la succion du bébé.
Assurez-vous d’être capable de reconnaître les
signes indiquant que votre bébé tète bien
et qu’il reçoit vraiment du lait de vos seins.
Avant votre départ de l’hôpital, demandez
qu’on vous enseigne la technique d’expression manuelle
du lait.
Faites-vous confiance. Votre nouveau-né vous appartient,
ses parents en sont les premiers responsables. Vous avez votre
mot à dire sur les soins qu’on lui apporte. L’équipe
soignante a pour rôle de vous accompagner dans cette expérience
épanouissante pour toute la famille.
Retour à la maison
- Montée laiteuse
La montée laiteuse se produit entre le 3e et le 5e jour
après la naissance. Elle dure entre 12 et
48 heures. Les seins augmentent de volume, deviennent tendus,
gonflés et sensibles : c’est l’arrivée
du lait.
Que faire ?
Les tétées précoces (dès la naissance),
régulières (de jour et de nuit, à l’hôpital
comme à la maison) et fréquentes (à toutes
les 90 ou 120 minutes) vous aideront à réduire l’inconfort
de ce moment. Pour faciliter l’écoulement du lait,
appliquez des compresses chaudes sur vos seins 1 à 2 minutes
avant la tétée et faites couler un peu de lait Il
pourra aussi être utile d’en enlever après
le boire si l’enfant n’a pas vidé suffisamment
les seins.
Vos seins font très mal ? Des applications de froid vous
aideront à diminuer l’enflure et la douleur. Utilisez
un sac de glace concassée, un sac de légumes congelés
ou un contenant réfrigérant enveloppé dans
une serviette. Appliquez environ 15 minutes. Comme le froid diminue
l’écoulement du lait, vous apposerez des compresses
chaudes 2 minutes avant la tétée.
L’acétaminophène (ex. : Atasol, Tylenol)
pris 20 à 30 minutes avant le boire est efficace et sans
danger pour l’enfant. Reposez-vous. La production de lait
s’ajustera éventuellement aux besoins de votre petit.
- Horaire des boires
Après 2 ou 3 jours, le nouveau-né est moins somnolent
et il manifeste plus clairement ses besoins.
Apprenez à reconnaître les signes de faim. C’est
la fréquence des tétées qui lui permet d’ingérer
une quantité suffisante de lait. Habituellement, il boit
de 8 à 12 fois par 24 heures. Ce cycle comporte un intervalle
de sommeil plus long que les autres, qui n’arrive pas forcément
la nuit.
Plusieurs bébés font des « tétées
groupées » : fréquentes à certaines
périodes de la journée, elles deviennent plus espacées
à d’autres moments. Ce phénomène est
normal.
Ne vous attendez pas à ce que votre petit fasse ses nuits
en arrivant à la maison. L’âge auquel un enfant
dort 6 heures consécutives dépend de son rythme
biologique et de son environnement. Il varie beaucoup d’un
enfant à l’autre mais ne survient généralement
pas avant quelques mois.
- Durée de la tétée
La tétée « normale » n’existe
pas. Certains bébés boivent peu à la fois
et souvent; d’autres, beaucoup et moins souvent. Cela dépend
de la succion du petit, de son appétit, de son tempérament,
ainsi que du débit de la glande mammaire. L’important
est qu’il tète activement.
L’allaitement d’un nouveau-né (tétée,
rot et changement de couche) peut prendre de 45 à
90 minutes. Généralement, les tétées
durent de 5 à 30 minutes à chaque sein, mais elles
tendent à raccourcir au fur et à mesure que l’enfant
grandit.
Laissez votre bébé téter jusqu’à
ce qu’il s’arrête de lui-même ou qu’il
commence à s’endormir. Ne regardez pas votre
montre, mais votre petit. Minuter les boires ne protège
pas contre les blessures aux mamelons et cela peut priver l’enfant
d’une partie du lait dont il a besoin.
- Un sein ou deux ?
Laissez votre bébé téter à satiété
au premier sein, faites-lui faire un rot, puis offrez-lui à
nouveau le même sein s’il est encore plein, ou l’autre
sein qu’il prendra au gré de son appétit.
Parfois il ne prendra qu’un sein, parfois les deux. Respectez
son rythme. Vous commencerez la prochaine tétée
par le sein offert en dernier, qu’il y ait bu ou non.
- Truc
Vous craignez d’oublier par quel sein vous avez terminé
le boire ? Marquez votre soutien-gorge d’une épingle
de sûreté ou d’un ruban de ce côté.
- Signes de faim
Le bébé montre bien longtemps avant de pleurer
qu’il a envie de boire. Sa respiration change, il fait des
mouvements des yeux, de la bouche ou du visage. Ensuite il remue
bras et jambes, s’étire, porte les mains à
la bouche ou au visage. Puis viennent les mouvements de succion.
Voilà autant d’indices vous informant que votre bébé
a faim. N’attendez pas qu’il pleure avant de le nourrir.
Il se fatiguerait et pourrait refuser de téter même
s’il est affamé.
- Bébé paresseux ou agité ?
Pendant les 3 à 6 premières semaines, les bébés
ont tendance à s’endormir au sein dès que
le lait coule plus lentement, même s’ils n’ont
pas eu assez de lait. Passé cette période, ils pourront
s’agiter si le flot de lait est peu abondant. Il arrive
aussi que des nourrissons de quelques jours à peine s’énervent
quand ils n’obtiennent pas assez de lait.
Si votre bébé s’endort, il faut le stimuler
un peu : chatouillez-le, gardez-le contre vous, parlez-lui ou...
chantez Vous l’encouragerez à boire en recourant
à la technique de la compression du sein.
- Technique de la compression du sein
Cette technique est utile dans les cas où le bébé
:
• s’endort rapidement au sein;
• ne prend pas assez de poids;
• veut téter très souvent ou longtemps.
Elle est particulièrement indiquée dans les premiers
jours de vie pour aider le bébé à boire le
colostrum.
Utilisez de préférence la position de la madone
inversée (voir Position de la madone inversée).
La main formant un U à la base du sein, le pouce d’un
côté, les autres doigts de l’autre, comprimez
le sein ; assurez-vous de maintenir les doigts loin de l’aréole,
sans les déplacer. Le geste ne doit pas être
douloureux ni avoir pour effet d’étirer l’aréole.
La compression augmentant le débit du lait, le bébé
recommence à téter efficacement. Maintenez la pression
tant qu’il continue d’avaler du lait. Dès qu’il
arrête de boire, relâchez-la. Puis recommencez jusqu’à
ce que le bébé n’avale plus. Si votre bébé
semble le souhaiter, donnez-lui l’autre sein de la même
manière. Vous pouvez passer d’un sein à l’autre
à plusieurs reprises pendant la tétée.
Lorsque votre enfant boira mieux, vous pourrez abandonner cette
technique. Elle est inutile quand tout se passe bien.
- Volume des seins
L’apparence et la texture des seins dépendent en
grande partie de votre hérédité. Ils se modifient,
comme le reste du corps, tout au long de la vie. Allaiter ne les
déforme pas. Ils grossissent puis diminuent, mais reprennent
leur forme petit à petit après le sevrage.
Pendant les 6 premières semaines d’allaitement,
les seins sont en général plus gros. Vers le 2e
mois, ils deviennent plus souples au toucher et ils diminuent
de volume. Ne vous inquiétez pas vous sécrétez
néanmoins plus de lait qu’auparavant,
la glande mammaire s’est adaptée.
- Soins des seins
Au moment de la douche ou du bain quotidien, nettoyez vos seins
à l’eau claire. N’utilisez pas de savon. Les
crèmes, onguents et autres produits sont déconseillés.
Vous pouvez laisser quelques gouttes de lait sur les mamelons
après la tétée.
Il est inutile de laver vos mains avant chaque tétée
; cela peut même les irriter. Par contre, savonnez vous
les mains : c’est la meilleure prévention contre
les infections.
Évitez l’humidité. Si vous utilisez des compresses
d’allaitement, choisissez-les en coton ou en papier sans
doublure de plastique et changez les souvent. Laissez vs seins
à l’air libre le plus souvent possible en abaissant
les rabats de votre soutien-gorge. N’hésitez pas
à dormir les seins nus la nuit si vous êtes à
l’aise de le faire.
Vous êtes libre de porter un soutien-gorge ou non, selon
votre confort. Choisissez un modèle pour nourrice, en coton,
sans cerceaux, dont les bonnets sont suffisamment amples pour
ne pas comprimer les seins.
- Allaiter en public
On voit de plus en plus de mamans allaiter en public. Trouvez
un endroit calme et confortable. Il est essentiel de vous sentir
à l’aise. Allaitez avec assurance et simplicité,
vous serez acceptée. Un grand gilet souple facilite les
choses. Certains endroits publics ont prévu des locaux
destinés à l’allaitement et aux soins des
bébés. Renseignez-vous.
- Garder bébé à proximité
Pour faciliter l’allaitement, gardez votre bébé
près de vous, jour et nuit. L’expérience démontre
que te nouveau-né peut partager le lit de ses parents sans
danger à condition qu’il soit sécuritaire
(voir Lit et literie).Tous trois apprennent à dormir au
même rythme et le sommeil de la mère s’en trouve
même amélioré. Quand bébé commence
à se réveiller pour une tétée, sa
mère s’éveille également en douceur.
Elle découvre ainsi les signes indiquant que son petit
a faim. La présence constante du bébé permet
aussi à papa de prendre une part active aux soins. Les
parents développent ainsi leurs habiletés et leurs
compétences tout en créant un sentiment de confiance
chez leur bébé.
- Sucette et biberon
Méfiez-vous de la sucette. Après l’avoir
prise, certains bébés peuvent éprouver des
difficultés à téter, voire rejeter le sein.
Elle peut diminuer la fréquence des tétées
et entraîner une baisse de la quantité de lait. Pour
consoler le bébé, une bonne tétée
vaut bien mieux. La chaleur du contact peau à peau avec
papa est aussi apaisante.
Prenez garde au biberon. Évitez de donner autre chose
à boire que votre lait à votre nouveau-né
: les suppléments d’eau, d’eau sucrée
ou de préparation lactée pour nourrissons sont rarement
nécessaires chez un enfant à terme et en santé
qui prend bien le sein. S’ils s’avéraient essentiels
au cours des premiers jours, ils devraient être donnés
à l’aide d’un gobelet ou du tube au sein plutôt
qu’au biberon.
- Un cas difficile
Entre la 4e et la 6e semaine survient fréquemment un cap
difficile, surtout pour celles qui sont mères pour la première
fois. Cette période correspond à une « poussée
de croissance » chez le bébé qui demande alors
le sein très souvent; il ira jusqu’à le réclamer
à toutes les heures, ce qui devient épuisant. Après
24 ou 48 heures, la situation devrait se rétablir, la production
de lait s’étant ajustée aux besoins de l’enfant.
Vous doutez de vos capacités ? Vous pensez à sevrer
? Ne restez pas isolée. Parlez-en à votre conjoint,
à une amie, à une personne qui s’y connaît.
Sortez un peu, rencontrez vos amis, l’humour et le rire
sont utiles ! Contactez un groupe d’entraide en allaitement
ou un groupe d’aide aux relevailles.
Comment savoir si le bébé
a bien bu ?
Plusieurs indices vous permettront de savoir si votre enfant
boit suffisamment de lait :
• après la première semaine de vie, ses urines
sont claires et ne sentent rien, Il mouille au moins 5 à
6 couches par jour. Ses selles sont liquides ou très molles
et fréquentes : au moins 4 à 6 par jour au cours
du premier mois, au moins une par jour ensuite;
• son poids augmente suffisamment et régulièrement
(voir Croissance du bébé);
• il dort bien et s’éveille seul;
• il donne des signes de faim : il salive, mange son poing,
mâchouille.
Que faire si le bébé ne boit
pas assez ?
• Assurez-vous que votre bébé tète
bien. Vérifiez ou faites vérifier la mise au sein.
• Allaitez plus souvent. Réveillez l’enfant
au besoin.
• Utilisez la technique de la compression du sein.
• À chaque tétée, faites boire l’enfant
aux deux seins en passant d’un à l’autre à
plusieurs reprises, au besoin.
• Vous pouvez exprimer du lait entre les tétées
pour augmenter la production. Offrez ce lait au bébé
après la tétée suivante, de préférence
au gobelet ou avec le tube au sein. Evitez le biberon.
• Evitez la téterelle : elle diminue la production
de lait.
Voyez si des facteurs extérieurs (la prise d’anovulants,
par exemple) ne nuisent pas à la lactation. Consultez un
groupe d’entraide en allaitement, une consultante en allaitement
ou l’infirmière.
Reposez-vous. Mangez suffisamment aux repas.
Faites-vous confiance !
Pensez à vous
Allaiter un enfant, c’est aussi prendre le rythme de cette
vie nouvelle. Sachez profiter régulièrement des
joies toutes simples de cette période de votre vie. Ralentissez
! Laissez de côté les tâches non essentielles
et attendez pour donner la réception de naissance...
Sachez demander de l’aide et accepter celle qu’on
vous offre.
Pensez à vous. Accordez-vous des moments de repos et de
paix pour récupérer le sommeil inévitablement
entrecoupé. Détendez-vous. Sortez au soleil et au
grand air, avec ou sans bébé. Vous pouvez le faire
garder. Riez et pleurez... si le coeur vous en dit. Qu’elles
allaitent ou non, certaines mères sont sujettes aux montées
de larmes après l’accouchement. Pourquoi ne pas leur
laisser libre cours si cela vous fait du bien.
| Attention
• Une bonne prise du sein est cruciale pour le succès
de l’allaitement |
|
10 conseils pour faciliter l’allaitement
1. Donnez le sein à votre enfant le plus tôt possible
après la naissance, idéalement dans les 60 premières
minutes.
2. Gardez votre bébé près de vous, jour et
nuit. Il peut partager votre lit si vous le souhaitez.
3. Soyez convaincue que votre lait convient parfaitement à
votre nouveau-né : il est nourrissant, riche et le fera engraisser.
C’est un magnifique cadeau santé !
4. Allaitez votre enfant au besoin, selon sa faim. Des tétées
fréquentes stimulent la production de lait.
5. Apprenez à reconnaître les signes de faim de votre
enfant.
6. Assurez-vous que votre bébé prend bien le sein,
que la succion est efficace et qu’il obtient le lait dont
il a besoin.
7. Pour ne pas nuire à la lactation, évitez de sauter
des tétées, d’offrir une sucette à votre
petit ou de lui donner un autre lait avant 4 semaines.
8. Autant que possible, attendez que votre bébé ait
6 mois avant de lui donner un autre lait ou des aliments solides
; il profitera mieux de tous les bienfaits du lait maternel.
9. Coupez court aux soucis. Dès qu’une inquiétude
ou un malaise surgit, communiquez avec l’infirmière
du CLSC, un groupe d’entraide en allaitement de votre région
ou une clinique d’allaitement.
10. Faites vous confiance.
Difficultés d’allaitement
et solutions
Difficultés d’allaitement et solutions
Une fois les premières semaines passées, la plupart
des femmes n’éprouvent aucune difficulté.
II arrive toutefois que des problèmes surviennent.
- Tétée difficile
Certains bébés récupèrent moins vite
du travail de la naissance et ont moins de facilité à
prendre le sein. Si c’est le cas de votre enfant, essayez
régulièrement de le nourrir. Prenez-le souvent dans
vos bras, peau à peau, pour stimuler son intérêt
pour le sein et pour le rassurer. Demandez de l’aide pour
exprimer votre colostrum et donnez-le lui avec un compte-gouttes,
un gobelet ou un petit tube au sein. Évitez le biberon.
Si vos seins sont gonflés, votre bébé peut
éprouver de la difficulté à téter
(voir Engorgement). Ne le maintenez pas de force au sein, il pourrait
développer une aversion pour ce dernier.
Si votre bébé a pris un biberon ou une sucette,
il se peut que vous ayez besoin d’aide au cours des premiers
jours et lors de la montée laiteuse : la succion au sein
diffère de la succion au biberon.
Que faire ?
Il est important de maintenir une bonne hydratation chez le bébé.
S’il a de la difficulté à téter et
mouille peu de couches, demandez de l’aide immédiatement.
Cherchez la cause du problème, vous trouverez la solution.
Restez calme et confiante.
- Refus du sein
Un nourrisson plus âgé peut refuser le sein sans
raison apparente. Il est calme, engraisse bien, n’est pas
malade, mais ne veut plus téter. C’est la «
grève de la tétée».
Que faire ?
Ne le maintenez pas de force au sein. Soyez patiente, cette situation
ne devrait pas durer longtemps. Souvent, l’enfant va prendre
le sein si vous le lui offrez pendant son sommeil. Si nécessaire,
consultez une personne compétente en allaitement.
- Bébé endormi
Bébé dort beaucoup et boit moins de 8 fois par
jour. Si son poids évolue bien, il n’y a rien à
craindre. Par contre, s’il n’engraisse que lentement,
il faut le stimuler.
Flattez-le et tapotez-le délicatement. Gardez-le en contact
peau à peau avec vous et offrez-lui fréquemment
le sein (au moins 8 à 12 fois par 24 heures). Réveillez-le
au besoin. Surveillez les signes de sommeil léger (mouvements
de succion, mouvement des yeux sous les paupières, etc.),
il sera plus facile de le réveiller à ce moment-là.
Utilisez la technique de la compression du sein (voir Technique
de la compression du sein). Surveillez les indices de satisfaction
(voir Comment savoir si bébé a bien bu ?).
Consultez rapidement votre médecin si votre bébé
perd du poids.
- Peu de lait
Les pleurs fréquents, les tétées longues
ou rapprochées, un gain de poids lent peuvent faire penser
à la mère qu’elle manque de lait. Ce n’est
pas nécessairement le cas. Votre bébé pleure
? Sachez que les nourrissons pleurent pour bien des raisons qui
n’ont souvent rien à voir avec le manque de lait
(voir Tempérament, page 72).
Votre bébé tète plus souvent que vous ne
vous y attendiez ? C’est signe qu’il prend du lait.
Souvenez-vous que le lait maternel se digère rapidement.
Pendant ses périodes de croissance rapide, l’enfant
doit boire plus souvent pour stimuler la lactation (voir Fringales).
Que faire ?
Si votre bébé tète très longtemps,
vérifiez la mise au sein. Peut-être qu’avec
une meilleure succion, il obtiendra plus de lait en moins de temps.
Mais si après une période de succion active il n’avale
qu’à tous les 4 ou 5 mouvements de succion et commence
à s’endormir, il n’a plus vraiment faim.
Ne vous laissez pas influencer par les commentaires de tout un
chacun. Avant de croire que vous n’avez « pas assez
de lait » ou que votre lait « est trop pauvre»,
prenez le temps d’examiner la situation.
- Trop de lait
Pendant les premières semaines, il peut arriver que le
lait coule spontanément entre les tétées
ou la nuit. C’est normal et ce n’est pas avoir «
trop de lait». Au fil des jours, cette situation se corrige
d’elle-même. Pour votre confort, la nuit, protégez
votre lit d’une serviette.
Votre bébé engraisse très bien, mouille
bien ses couches, mais s’étouffe souvent pendant
la tétée, surtout au début. Il peut aussi
laisser le sein en pleurant alors que le lait lui coule au visage.
Vous avez probablement un débit de lait très fort.
Que faire ?
Diminuez la pression en exprimant un peu de lait avant la tétée.
Faites une pause lorsque votre bébé commence à
s’étouffer. Profitez-en pour lui faire faire un rot.
Essayez de ne lui donner qu’un sein par tétée,
ce qui vous aidera à régulariser le flot de lait
Vous pouvez aussi varier les positions. Consultez au besoin un
groupe d’entraide en allaitement, une consultante en allaitement
ou l’infirmière du CLSC.
- Mamelons plats
La plupart des bébés s’en accommodent bien.
Lorsque la mise au sein est adéquate, ils prennent l’aréole,
pas seulement le mamelon. Il peut arriver, cependant, que votre
petit s’impatiente.
Que faire ?
Si votre bébé s’énerve, retirez-le
quelques minutes du sein, le temps de le calmer.
Pour prévenir la situation, mettez-le au sein avant qu’il
ne soit trop affamé. Au besoin, donnez-lui d’abord
un peu de votre lait à la cuillère ou au gobelet
pour le calmer. Évitez les biberons et les sucettes. Au
besoin, consultez une personne compétente en allaitement
- Mamelons douloureux
Allaiter est agréable et ne doit pas faire mal. Une sensibilité
aux mamelons est toutefois fréquente la première
semaine, surtout au début de la tétée. Bébé
et maman sont en période d’apprentissage. Après
cette période, l’allaitement ne doit pas vous faire
sourciller .Toute douleur qui persiste après la première
minute de tétée ou qui fait craindre les tétées
doit être investiguée. La principale cause en est
probablement une mise au sein incorrecte. Cette situation peut
provoquer des gerçures et crevasses au mamelon. Chez l’enfant,
elle entraîne un faible gain de poids, des tétées
très fréquentes et des pleurs.
Que faire ?
Demandez de l’aide immédiatement à une personne
compétente en allaitement. Il est plus facile de corriger
le problème lorsqu’il est pris au tout début.
- Gerçures et crevasses
Le mamelon et l’aréole présentent des rougeurs,
puis des fissures et des crevasses plus profondes qui, sans être
dangereuses pour le bébé, deviennent rapidement
très pénibles pour la mère. Particulièrement
intense en début de tétée la douleur peut
se prolonger tout au long de la période d’allaitement
Il y a de fortes chances que la mise au sein soit en cause.
Que faire ?
Les douleurs ou gerçures qui persistent sont une cause
importante de sevrage prématuré. Quoiqu’on
vous dise, la douleur n’est pas normale. N’acceptez
pas de souffrir en silence. Vérifiez ou faites
vérifier la mise au sein et la succion du bébé.
Dès que la principale cause de blessure sera corrigée,
la douleur diminuera rapidement. Commencez la tétée
par le sein le moins sensible. Variez les positions d’allaitement
: si nécessaire, consultez l’infirmière, un
groupe d’entraide ou une consultante en allaitement pour
vous familiariser avec d’autres positions. Mettez quelques
gouttes de lait maternel sur le mamelon à la fin de la
tétée. Gardez les mamelons au sec et, au besoin,
les seins nus. Une mince couche de lanoline purifiée (ex.
: Lansinoh ou Purelan), appliquée 2 fois par jour sur les
mamelons, peut vous soulager momentanément, mais ne corrige
pas la cause du mal. Un analgésique tel l’acétaminophène
(ex. : Atasol, Tylenol) peut également vous aider. Évitez
la téterelle qui pourrait aggraver le problème.
- Infection à champignon (muguet)
Une infection à champignons (muguet) peut être soupçonnée
lorsqu’une douleur soudaine et inexpliquée
survient pendant la tétée, alors que tout allait
bien auparavant. La douleur peut toutefois survenir de façon
graduelle, et non pas subite, ou se superposer à un mal
déjà existant. Elle peut être limitée
au mamelon et à l’aréole, mais elle peut aussi
être ressentie comme une brûlure à l’intérieur
du sein. Elle a tendance à augmenter au cours de la tétée
et à persister après, alors qu’en d’autres
cas (voir Gerçures et crevasses), elle diminue graduellement.
L’aréole et le mamelon sont souvent rouges et sensibles,
mais ils peuvent être d’apparence normale. Les crevasses
constituent un terrain propice à une infection à
champignons qui est fréquemment associée au muguet
chez l’enfant.
Vous pouvez toutefois souffrir d’une infection à
champignons même si votre bébé n’a pas
de
muguet dans la bouche. La prise d’antibiotiques par la mère
favorise l’infection.
Que faire ?
II faut traiter la mère et le bébé.
Disponible sans ordonnance, le violet de gentiane constitue le
remède de choix : 15 ml (I c. à table) d’une
solution aqueuse à 1 % suffisent pour tout le traitement.
Il s’applique 1 fois par jour, associé à un
onguent de nystatine (ex. : Nilstat Nyaderme) ou de miconazole
(ex. : Micatin, Monistat Derm). Le violet traite la mère
et l’enfant en même temps.
Technique d’application :
• badigeonnez la bouche du bébé avec un coton-tige
trempé dans le violet;
• mettez le bébé aux 2 seins pour les colorer;
• ajoutez du violet sur les mamelons s’ils ne sont
pas complètement colorés.
Quant à l’onguent, il se met en couche mince sur
les mamelons après chacune des autres tétées.
Il n’est pas nécessaire de l’enlever avant
la tétée suivante.
Après 4 jours, cessez le traitement au violet de gentiane
si la douleur a disparu ou si aucune amélioration ne se
fait sentir et continuez les applications d’onguent pendant
quelques jours. Dans le cas d’une amélioration incomplète,
poursuivez le violet pendant 3 autres jours. Pas plus. Au bout
de 7 jours, quels que soient les résultats, il faut arrêter.
Consultez le médecin un traitement par la bouche peut alors
être utile
Attention, ça tache ! Traitez de préférence
au coucher... Vous pouvez donner à l’enfant le lait
exprimé pendant cette période, mais ne le congelez
pas : vous risqueriez de causer une nouvelle infection. Consultez
une personne compétente en allaitement.
| Attention
• Vérifiez la mise au sein (voir Mise au sein).
• Lavez à l’eau chaude les compresses
réutilisables, jetez les autres (voir aussi : Muguet
dans la bouche). |
|
Les mamelons et aréoles peuvent présenter de l’eczéma
ou des dermatites de contact. La peau est rosée ou franchement
rouge et chauffe.
Que faire ?
Si vous mettez déjà un produit (crème, lotion,
lanoline ou autre) sur vos seins, cessez les applications. Par
contre, un onguent médicamenteux vendu sous ordonnance
peut être nécessaire. Consultez votre médecin
rapidement.
- Engorgement (canal lactifère obstrué)
Quand un canal est obstrué, le lait de ce canal ne parvient
plus à s’écouler par le mamelon. En palpant
le sein après la tétée, vous découvrez
une petite bosse dure, douloureuse au toucher, parfois accompagnée
d’une rougeur. L’obstruction peut être due à
diverses causes : le sein est resté plein trop longtemps;
il a été comprimé par le soutien-gorge ou
le porte-bébé; il réagit à la fatigue.
Le malaise est localisé au sein (généralement
un seul), la mère ne se sent pas malade, mais si le lait
reste bloqué trop longtemps, une infection peut se déclarer.
Que faire ?
Evitez tout ce qui peut comprimer le sein. Appliquez de la chaleur
humide sur tout le sein (bain, douche ou compresses), tout en
massant la région atteinte vers le mamelon.
Faites téter bébé fréquemment (8
à 12 fois par jour) en commençant par le sein atteint
et en variant les positions afin de faciliter l’écoulement
du lait. Si possible, faites en sorte que le bébé
ait le menton orienté vers la bosse quand il tète.
Massez doucement la région atteinte pendant la tétée.
Prendre un bain chaud avant la tétée vous aidera.
Evitez de porter un soutien-gorge trop serré. Reposez-vous.
Gardez le bébé dans votre lit si désiré.
L’acétaminophène (ex. : Atasol, Tylenol) peut
calmer la douleur au besoin.
Si la bosse persiste après 24 heures de traitement, consultez
une personne qui s’y connaît en allaitement.
- Ampoule de lait
Une petite ampoule se forme sur le mamelon. Elle provoque souvent
une intense douleur dans tout le sein, surtout en fin de tétée.
Que faire ?
En pressant doucement, vous pouvez tenter de faire sortir le
contenu de l’ampoule, qui a souvent la consistance de la
pâte dentifrice. Prenez un long bain chaud pendant lequel
vous vous masserez le sein. Si vous mettez votre bébé
au sein en sortant du bain, il réussira peut-être
à débloquer le mamelon.
- Mastite
La mastite est une infection bactérienne du sein souvent
causée par la rétention du lait. Elle est douloureuse,
mais elle n’est dangereuse ni pour la mère ni pour
le bébé. Le fait d’allaiter permet une guérison
plus rapide, car le sein se vide rapidement. Le lait reste
bon.
La cause de la mastite n’est pas connue avec précision.
On sait cependant qu’un mauvais drainage des seins ou la
présence de crevasses lui sont propices. En tout temps,
assurez-vous que votre bébé prend bien le sein et
évitez de rester engorgée (voir Engorgement). De
plus, on remarque que la mastite survient souvent pendant une
période de surmenage. La mère aura donc avantage
à éliminer certains travaux pour se reposer plus
souvent avec son bébé.
Le sein présente une zone durcie, rouge, enflée
et douloureuse. La mère est courbaturée, frissonnante
et très fatiguée. Elle fait habituellement, mais,
pas toujours, de la fièvre : plus de 38,3 oC (101 °F).
Elle se sent malade.
Que faire ?
Il faut décomprimer le sein engorgé. Reposez-vous
au lit sans soutien-gorge. Appliquez des compresses chaudes. Au
besoin, gardez le bébé dans votre lit. Faites-le
boire très souvent au sein douloureux, y compris la nuit.
Si la tétée est très inconfortable, allaitez
d’abord de l’autre sein. changez de côté
dès que le sein endolori coule spontanément. Variez
la position du bébé pendant la tétée.
Si le bébé n’a pas bu du côté
atteint, extrayez le lait. Le sein doit devenir souple. Prenez
de l’acétaminophène (ex. : Atasol, Tylenol)
pour calmer la douleur et la fièvre. Mangez bien et buvez
à votre soif. Prenez contact avec un groupe d’entraide
ou un professionnel de la santé qui s’y connaît
en allaitement.
Si les symptômes ont commencé à diminuer
dans les 12 heures, le traitement antibiotique ne sera probablement
pas nécessaire. Au-delà de cette période,
il pourrait s’imposer. Avec ou sans antibiotique, la situation
doit s’améliorer de façon constante : une
aggravation subite ou l’arrêt de l’amélioration
pendant plus de 24 heures exige que vous consultiez le médecin.
Il vous faudra entre 2 et 5 jours pour vous libérer de
la mastite. La fièvre disparaît généralement
dans les 24 heures, la douleur en moins de 48 heures et la zone
durcie en quelques jours. La rougeur pourra persister pendant
une semaine, voire davantage.
| Attention
• Si la fièvre persiste depuis 24 heures ou
augmente rapidement, consultez le médecin. Si vous
devez prendre des antibiotiques, prenez-les pendant toute
la période prescrite, habituellement 10 jours, pour
éviter les rechutes. Il existe des antibiotiques
efficaces qui ne posent aucun risque pendant l’allaitement.
Parlez-en au médecin. Surtout, continuez d’allaiter
et de vous reposer. |
|
- Abcès
Dans quelques rares cas, une mastite peut dégénérer
en abcès. Malgré le traitement, une bosse douloureuse
persiste.
Que faire ?
Consultez le médecin. Une consultante en allaitement ou
une personne d’un groupe d’entraide vous aidera à
trouver des solutions pratiques pour continuer à allaiter.
Situations particulières
Césarienne
Votre bébé est né par césarienne
? Rien ne vous empêche de le nourrir au sein. Si vous avez
reçu une anesthésie générale, vous
pouvez allaiter dès que vous êtes totalement réveillée
et vous sentez confortable. Si vous avez reçu une épidurale
(anesthésie par injection dans le bas du dos), vous pouvez
allaiter aussitôt que possible, idéalement dans l’heure
qui suit la naissance, alors que vous êtes encore sous l’effet
de l’anesthésie épidurale. Plusieurs hôpitaux
favorisent une première tétée dans la salle
d’opération ou dans la salle de réveil.
La présence de votre conjoint ou d’une personne
significative vous permettra de garder votre bébé
dans votre chambre. Le personnel sera disponible pour vous aider
à mettre le bébé au sein.
Rapidement, vous serez en mesure de lui donner des soins vous-même.
- Bébé prématuré
Même si votre bébé est né avant la
37e semaine de grossesse, vous pouvez l’allaiter. Votre
lait est d’ailleurs celui qui lui convient le mieux parce
que sa composition est ajustée à ses besoins. Vous
êtes la seule à pouvoir lui offrir cet aliment précieux
!
Selon le nombre de semaines qu’il a passé dans l’utérus,
il vous faudra peut-être un peu plus de patience et de persévérance.
Pendant son séjour à l’hôpital, vous
devrez maintenir la production de votre lait en l’extrayant
avec un tire-lait électrique aux 3 ou 4 heures le jour
et, si possible, la nuit. Penser à lui stimulera le réflexe
d’éjection (voir Pour exprimer le lait maternel).
Lorsque vous allez le visiter au service de néonatalogie
et que son état le permet, prenez-le souvent et longtemps
dans vos bras, peau à peau contre vous, Il s’habituera
à vous et aura plus de facilité à accepter
le sein le moment venu. Il a été démontré
que ce contact profite à la fois à l’enfant
et à ses parents. Il est aussi précieux que la nourriture
que votre tout-petit reçoit.
Au début, les infirmières lui donneront votre lait
à l’aide d’un tube très fin. Dès
qu’il pourra téter, vous pourrez le mettre au sein.
Il aura peut-être besoin de suppléments alimentaires
durant son hospitalisation mais à son arrivée à
la maison, votre lait suffira parfaitement à le nourrir.
Soyez patiente les prématurés ont besoin de temps
pour apprendre à boire au sein. Consulter un groupe d’entraide,
une consultante en allaitement ou une clinique d’allaitement
est souvent très utile.
- Jumeaux
Vous pouvez allaiter des jumeaux. Plus la glande mammaire sera
stimulée, plus il y aura de lait. Mais s’occuper
de deux nourrissons à la fois est exigeant... Délaissez
les tâches non essentielles et demandez l’aide de
vos proches pour vous décharger des travaux domestiques
(lessive, cuisine, épicerie, etc.) et vous reposer.
Il est préférable de nourrir les deux bébés
au seul lait maternel. Vous pouvez cependant pratiquer un allaitement
mixte, alternant entre lait maternel et préparation lactée
pour nourrissons.
Un groupe d’entraide peut vous mettre en contact avec une
mère qui a vécu la même expérience.
- Chirurgie mammaire
L’augmentation mammaire ne pose généralement
pas de problème.
La réduction entraîne plus de dommages au sein.
Dans ce cas, l’allaitement reste possible, mais plusieurs
mamans auront besoin de le compléter avec une préparation
lactée pour nourrissons.
Pour mettre toutes les chances de votre côté, consultez
un groupe d’entraide pour bien vous préparer, même
avant la naissance de l’enfant.
- Restauration de la lactation
Vous n’avez pas allaité votre bébé
à la naissance ? Par malheur, votre bébé
est allergique aux préparations lactées pour nourrissons
et vous aimeriez le nourrir au sein. Est-ce possible ?
Il n’est pas trop tard. Avec de la détermination
et de l’aide, vous arriverez à restaurer la lactation
après le sevrage et ce, même si vous ne l’avez
jamais allaité. Consultez une personne spécialisée
en allaitement
- Alcool et tabac
Lorsque la mère prend de l’alcool, une partie de
celui-ci se retrouve dans le lait maternel. Il est donc préférable
de limiter sa consommation. L’alcool pris de façon
régulière est à éviter. Par contre,
le vin et la bière pris à l’occasion et en
petite quantité ne semblent pas causer d’ennuis au
bébé.
Comme durant votre grossesse, le tabac est nocif pour vous et
votre bébé (voir Gare à la fumée de
tabac). II peut nuire à la production lactée et
il risque d’entraîner des pleurs, de l’irritabilité
et de l’insomnie chez l’enfant. Cependant les bénéfices
du lait maternel sont suffisamment importants pour que vous allaitiez
malgré tout.
Si vous ne pouvez vous empêcher de griller une cigarette,
faites-le à l’extérieur de la maison, loin
de votre bébé. Essayez de ne pas fumer juste avant
la tétée. Les timbres pour cesser le tabac sont
compatibles avec l’allaitement.
- Marijuana et autres drogues
Est-ce qu’un joint occasionnel de marijuana est dommageable
pour l’enfant allaité ? Bien que ses effets à
long terme sur le bébé restent inconnus, on sait
que la marijuana passe dans le lait. Aussi la consommation —
même occasionnelle — n’est pas recommandée.
La consommation régulière est évidemment
à proscrire.
Quant aux autres drogues (amphétamine, cocaïne, héroïne,
LSD, PCP), elles sont sans contredit dangereuses pour votre bébé.
Elles sont donc incompatibles avec l’allaitement et avec
votre rôle de parents.
- Médicaments
La plupart des médicaments se retrouvent dans le lait,
mais en très faible quantité. Les mères à
qui le médecin conseille de cesser d’allaiter pour
prendre un médicament doivent lui demander de s’assurer
que sa recommandation se fonde sur des sources fiables, ou de
leur prescrire un autre médicament compatible avec l’allaitement.
Il est généralement facile de trouver un autre médicament
pour le traitement des maladies les plus courantes. Il est très
rarement nécessaire d’interrompre l’allaitement
pour la durée du traitement.
Ne prenez aucun médicament ni produit naturel (ils sont
parfois très actifs) sans avoir consulté un professionnel
de la santé (voir page 314). Limitez-vous aux médicaments
vraiment nécessaires.
Allaiter et travailler
Plusieurs mères continuent d’allaiter quand elles
retournent au travail. Il existe de plus en plus de garderies
en milieu de travail où il est possible de nourrir son
bébé sur place. Si ce n’est pas votre cas,
vous pouvez aussi exprimer votre lait, le réfrigérer
ou le congeler; en votre absence, quelqu’un d’autre
le donnera à votre enfant. Vous continuerez ainsi à
offrir à votre enfant la meilleure alimentation pour son
développement et sa santé.
Par ailleurs, vous pouvez opter pour un allaitement mixte
: lait maternel quand vous êtes à la maison et préparations
lactées quand vous êtes au travail. Votre production
s’adaptera à ce type d’allaitement qui peut
se poursuivre jusqu’à la fin de la première
année et même au-delà. Plusieurs femmes nourrissent
leur enfant exclusivement au sein les fins de semaine, alors qu’elles
sont en congé, et reprennent l’allaitement mixte
les jours de travail. Les seins s’adaptent à ces
changements.
Si votre bébé est âgé de 6 mois, il
n’a pas nécessairement besoin du biberon. Comme tout
autre bébé de cet âge, il commence à
manger des aliments solides à la cuillère et il
apprend à boire au gobelet, ce qui peut suffire à
calmer sa faim. Il pourrait cependant demander à téter
plus souvent le soir ou même la nuit.
- Conditions de travail dangereuses
Au travail, vous pouvez bénéficier d’un changement
de tâche ou d’un retrait préventif si vous
êtes exposée à certains contaminants (solvants,
encres, teintures, etc.) qui peuvent être nocifs pendant
que vous allaitez Renseignez-vous auprès de votre médecin.
Expression et conservation du lait
L’expression du lait maternelle est souvent utile. Grâce
à elle, la mère peut soulager un sein engorgé.
De son côté, le bébé a la chance de
boire le lait de sa mère même en son absence. En
cas de séparation prolongée, lorsque le bébé
naît prématurément ou doit être hospitalisé,
elle permet le maintien de la lactation.
- Pour exprimer le lait maternel
Il y a plusieurs façons d’exprimer le lait maternel.
Avec l’expérience, vous trouverez celle qui vous
convient le mieux. Manipulez toujours vos seins avec douceur.
Le moment idéal est tout de suite après la tétée
puisque le mécanisme d’éjection est déjà
amorcé. Dans le cas où l’enfant n’a
bu qu’un sein, vous aurez à ce moment-là plus
de facilité à vider l’autre sein. Mais, selon
votre convenance, vous pouvez aussi choisir un autre moment, alors
que vous n’êtes pas trop pressée. Prenez soin
de vous accorder un peu de détente et de repos avant de
commencer.
Au début, les séances devront être courtes
: de 5 à 10 minutes par sein. Vous les allongerez au fur
et à mesure que la quantité de lait augmentera.
Il est normal de ne tirer que quelques gouttes au début
de l’expression manuelle. Soyez patiente.
- Expression manuelle
• Lavez-vous les mains avec minutie afin d’éviter
toute contamination.
• Disposez un récipient large, profond, bien lavé
et rincé sur une surface propre, près de vous.
• Assoyez-vous confortablement en vous penchant vers l’avant
pour que votre sein tombe au dessus du bol.
• Pour faciliter la descente du lait (réflexe d’éjection),
vous pouvez masser délicatement votre sein — mouvements
circulaires ou caresses superficielles de la base au mamelon et
frotter doucement le mamelon avec la paume de la main.
• Placez le pouce et l’index à la limite de
l’aréole. Le mouvement s’exécute en
2 temps, sans faire glisser ou déplacer les doigts
sur la peau :
1. pressez le sein en poussant vers les côtes;
2. rapprochez le pouce et l’index, en fermant comme s’il
s’agissait d’une pince.
Il n’est pas nécessaire d’exercer une forte
pression. Le mouvement ne doit pas laisser de marque sur le sein
ni faire mal. Un peu de pratique sera nécessaire pour bien
positionner vos doigts.
• Répétez ce geste plusieurs fois. Il reproduit
la succion du bébé lorsqu’il comprime le sein
avec sa langue. Le lait coule goutte à goutte au début,
puis en jet avec le temps.
• Faites le tour du sein en déplaçant les
doigts pour vider tous les réservoirs du lait.
Avant votre départ de l’hôpital, une infirmière
devrait vous avoir enseigné la technique d’expression
manuelle du lait. Si vous avez besoin d’aide, consultez
un groupe d’entraide en allaitement.
Ne vous inquiétez pas : la technique s’acquiert
facilement. Il est plus facile de l’exécuter que
de la décrire.
- Tire-lait électrique
Il existe des tire-lait électriques. Ils sont efficaces
et très pratiques lorsque la mère doit exprimer
son lait pour une longue période. Vous pouvez les louer.
N’hésitez pas à vous adresser à un
groupe d’entraide en allaitement.
- Truc
Pour stimuler le réflexe d’éjection du lait,
pensez à votre bébé ou regardez une de ses
photos.
- Conservation du lait maternel
Le lait maternel est à son meilleur frais, bu au sein.
Cependant, il se réfrigère et se congèle
bien.
Vous pouvez le garder à la température de la pièce
lorsqu’il est destiné à une consommation imminente,
dans les 4 à 8 heures qui suivent l’expression. Vous
le conserverez au réfrigérateur— plutôt
qu’au congélateur — dans les cas où
il doit être bu au cours des prochains jours. Pour un délai
excédant 5 jours, congelez-le sans attendre.
| |
TEMPÉRATURE DE LA PIÈCE |
RÉFRIGÉRATEUR |
CONGÉLATEUR |
| Lait maternel frais |
4 heures à 25 oC (77oF)
8 heures à 19-22 oC (66.2-71.6oF)
1 heure |
3 à 5 jours à 4 oC (39.2oF) |
3 à 4 mois (congélateur du réfrigérateur)
6 mois
(congélateur coffre) |
| Lait maternel décongelé |
|
24 heures |
Ne pas recongeler |
| Attention
• Les durées de conservation ne sont pas cumulatives
: on ne doit pas garder du lait 8 heures à la température
de la pièce, le réfrigérer pendant
5 jours pour finalement le congeler !
• Ces durées ne s’appliquent pas au lait
destiné à un bébé prématuré
qui se trouve encore à l’hôpital. Fiez-vous
aux recommandations du personnel.
• Une hygiène rigoureuse s’impose : lavage
des mains et propreté des contenants. |
|
Le lait humain prend différentes teintes de blanc (bleu,
jaune, brun) au gré de l’alimentation de la mère,
c’est naturel. Comme il n’est pas homogénéisé,
le gras se sépare du reste. Il suffit de l’agiter
un peu avant usage.
- Choix des contenants
Vous pouvez conserver le lait dans des biberons de verre, de
plastique rigide, et même dans des sacs à biberon
épais vendus spécialement pour le lait maternel.
Trop minces, les sacs ordinaires conviennent moins à la
congélation ; il faut les doubler, car ils sont fragiles.
Il est pratique d’avoir plusieurs petites portions de lait
maternel en réserve. Evitez les contenants trop grands.
Si vous conservez votre lait pour un bébé hospitalisé,
prématuré ou malade, suivez les recommandations
du personnel hospitalier.
- Congélation
Prenez soin de rassembler tous les contenants de lait congelé
dans un récipient pourvu d’un bon couvercle. À
noter : la congélation prolongée diminue légèrement
la valeur nutritive du lait maternel.
• Versez le lait dans le contenant de votre choix en laissant
un bon espace libre : en congelant le liquide prendra de l’expansion.
• Inscrivez la date sur le contenant bien fermé.
• Mettez-le à refroidir au réfrigérateur.
• Sitôt refroidi, rangez-le au congélateur
dans le plat de conservation destiné à la réserve
de lait maternel.
• Utilisez le lait le plus vieux en premier.
- Comment tiédir le lait maternel
Le lait maternel ne doit pas être mis au four à
micro-ondes, car il y perd une grande partie des anticorps qui
protègent le bébé contre plusieurs maladies
des systèmes digestif et respiratoire.
Il sort du réfrigérateur ? Laissez couler l’eau
chaude du robinet sur le sac ou trempez-le dans
l’eau chaude jusqu’à ce qu’il soit tiède.
Mélangez, vérifiez, donnez au bébé.
Il sort du congélateur ? Laissez couler l’eau froide
courante sur le contenant congelé; petit à petit,
ajoutez l’eau chaude courante jusqu’à ce qu’il
soit tiède. Ou encore, mettez-le au réfrigérateur
pendant 10 à 12 heures ; vous le tiédirez ensuite
à l’eau chaude. Mélangez, vérifiez,
donnez au bébé.
Le sevrage
Comme pour toute étape du développement, l’âge
du sevrage varie d’un enfant à l’autre. Il
survient tôt chez l’un, tardivement chez l’autre.
Qu’il ait été amorcé par la mère
ou l’enfant, il variera en fonction de divers facteurs :
l’âge du petit et son tempérament, de même
que les sentiments de la mère et l’approche utilisée.
Donnez-vous le temps qu’il faut. Restez à l’écoute
de votre enfant et demeurez flexible. Retardez si possible le
sevrage d’un enfant malade. Il a besoin du lait de sa mère
et du contact réconfortant que procure l’allaitement.
À 9 mois, votre enfant pourra boire du lait homogénéisé
à 3,25% M.G. à la place du lait maternel. Avant
cet âge, il vaut mieux lui donner des préparations
lactées pour nourrissons qui contiennent du fer.
- Sevrage graduel
Un sevrage graduel étalé sur plus de 3 semaines
est recommandé. Pour la mère d’abord, afin
d’éviter l’engorgement, puis pour le bébé
qui aura le temps de s’habituer au goût des tétines
et du nouveau lait.
Commencez par remplacer une tétée (celle de l’après-midi,
par exemple) par le nouveau lait que vous donnerez au biberon,
au gobelet ou au verre. Entre les boires, vous pouvez soulager
vos seins en extrayant un peu de lait ou en le laissant tout simplement
dégoutter sous une douche chaude.
Après 2 ou 3 jours, lorsque vous ne ressentez plus de
malaises aux seins, remplacez une autre tétée par
le nouveau lait et ainsi de suite. Toutefois, ne sautez pas 2
tétées consécutives. Plusieurs mères
conservent longtemps la tétée du soir et celle du
matin. En souplesse, ajustez-vous au rythme de votre enfant.
- Sevrage brusque
Le sevrage brusque n’est pas recommandé,
car il peut être pénible pour la mère et le
bébé. Si vous devez vous séparer momentanément
de votre enfant, vous n’êtes pas forcée de
le sevrer. Il est possible de maintenir la production de lait
pendant la séparation pour reprendre l’allaitement
au retour. Consultez un groupe d’entraide qui vous guidera.
Si vous devez malgré tout sevrer brusquement
• extrayez un peu de lait de vos seins pour en diminuer
le gonflement; vous aurez besoin d’en prélever de
moins en moins souvent;
• palpez vos seins et surveillez-les pour prévenir
tout problème : engorgement, canal obstrué, mastite;
ces difficultés peuvent surgir dans semaines qui suivent.
- Passage au biberon ou au gobelet
Boire au biberon, au gobelet ou à la tasse est une expérience
nouvelle pour votre bébé. S’il proteste, ne
vous laissez pas impressionner par son refus. Restez calmes et
confiants, il s’habituera.
Il peut arriver que l’enfant n’accepte le biberon
qu’après I à 2 semaines d’essais. Confier
le boire à une autre personne que la mère, papa
par exemple, pourrait faciliter la transition.
Soyez persévérants, boire au biberon est un nouvel
apprentissage pour votre bébé.
Dès 6 mois, l’enfant peut commencer à boire
au gobelet. Il n’y prendra d’abord qu’une petite
quantité de lait, c’est normal, que vous compléterez
au biberon. Assurez-vous que votre enfant boit assez de lait,
qui reste l’aliment de base pendant toute sa première
année de vie : il lui fournit le calcium et les protéines
nécessaires à sa croissance.
- Pour faciliter la transition
• Adoptez la politique du ne pas refuser, ne pas offrir.
Sans refuser le sein à votre enfant, vous pouvez décider
de ne plus le lui offrir.
• Retardez les tétées s’il n’est
pas trop impatient. Cela contribuera à les espacer et à
en diminuer le nombre.
• Raccourcissez la durée des tétées.
• Changez vos habitudes quotidiennes. Par exemple, n’allez
pas vous asseoir dans le fauteuil d’allaitement que l’enfant
associe d’emblée à la tétée.
• Mettez le père à contribution. Éloignez-vous
discrètement aux heures de repas de l’enfant.
• Si votre enfant a plus de 9 mois, offrez-lui une collation
avant l’heure habituelle de la tétée.
• Amorcez le changement quand votre enfant est en forme
et pas trop affamé.
• Donnez-lui d’abord du lait maternel dans le biberon
ou le gobelet, ensuite du nouveau lait.
• Ne présentez pas le biberon ou le gobelet de la
même manière que le sein. Placez l’enfant en
face de vous et donnez-lui son boire en parlant et en souriant.
• Dites-vous qu’il est toujours possible de changer
d’idée pendant le sevrage et de revenir à
l’allaitement au sein. Consultez un groupe d’entraide.
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